Archives sensibles et minoritaires : sélectionner, numériser, archiver | Sensitive and minority archives: select, digitize and archiving

Workshop proposé et coordonné par Barbara Morovich, anthropologue, professeure en Urbanisme et aménagement à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’UMR Géographie-cités

23 juillet 2026, Université d’Ibadan

Ce workshop s’inscrit au sein du projet de recherche (en phase de consolidation) « Archiver et numériser les futurs africains : mémoires et patrimoines minoritaires » qui étudie, à partir de corpus d’archives, la capacité mémorielle et patrimoniale de groupes invisibilisés, stigmatisés, minorisés, contestataires ou peu reconnus en Afrique, ainsi que leurs imaginaires liés au futur.

Le « tournant archivistique », né dans le monde anglophone, interroge la notion d’archive produite en situation coloniale. Des chercheur.es africain.es ont plus récemment réinterprété des archives coloniales dans une perspective afrocentrique, en considérant par exemple comme « archive » aussi ce qui relève de l’oralité, de la performance et de la gestualité, dans le cadre d’une approche archivistique vivante, fluide et relationnelle (Adeduntan A., Omitola O., 2023). Certains projets coproduits ont une volonté de restituer ces archives à des groupes dominés : on peut citer à ce propos des projets d’archives numériques mettant en avant des formes d’émancipation comme les « Archives of Nigerian Left » au Nigéria ou, en Afrique du Sud, les « GALA Queer Archives » ou encore le projet d’archives communautaires numériques « A people’s guide to archives and democracy ».

À travers ce workshop, nous souhaitons présenter, analyser et réinterroger des corpus d’archives qui portent en particulier sur des résistances urbaines, sur des récits alternatifs, sur des groupes « minoritaires » et leur inscription spatiale, leur numérisation et leur diffusion à des publics différents. La démarche participative est encouragée, car nous invitons des associations à s’inscrire au même titre que des étudiant.es. Nous souhaitons aussi réfléchir à des conceptions et à des usages d’archives « anthropologiques », « sensibles » et, surtout, à des archives nées dans des contextes non académiques (associatives, communautaires).
Finalement, des agencements d’archives déjà constituées seront mobilisées par les participant.es qui, en équipes pluridisciplinaires, seront invité.es à donner des pistes pour des relectures / réécritures alternatives des archives.

barbara morovichAnthropologue spécialisée dans l’urbain et la ville, Barbara MOROVICH a rejoint l’Université Panthéon-Sorbonne à Paris en septembre 2025 en tant que professeure au département d’urbanisme et aménagement.

Directrice de l’IFRA-Nigéria (2022-2025), elle développe depuis une vingtaine d’années des travaux de recherche sur les transformations urbaines, les mondes contemporains et les inégalités en Europe (France), Afrique (Kenya, Afrique du Sud, Nigéria) et Amérique latine (Argentine) et analyse la capacité de groupes sociaux dominés ou « minoritaires » à s’inventer des possibles à travers des processus de mémorialisation et de patrimonialisation.
Elle a également été présidente de l’Association française des anthropologues et responsable de publication du Journal des anthropologues (2016-2022).

Parmi ses publications : Miroirs anthropologiques et changement urbain : qui participe à la transformation des quartiers populaires ?, préface de Monique Selim, Paris, L’Harmattan, 2017.

 

 

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