Ana Maria Alvarez RojasProfesseure au centre de recherche en sciences sociales et jeunesse (CISJU) à l’Université Catholique Silva Henríquez de Santiago (Chili), Ana Maria Alvarez Rojas est chercheure invitée au laboratoire Géographie-cités au sein de l’équipe de recherche EHGO, co-dirigée par Nicolas Verdier et Olivier Orain.

Titulaire d’un doctorat en urbanisme et aménagement du territoire (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, France et d’un doctorat en architecture en études urbaines (Pontificia Universidad Católica du Chili), Ana Maria Alvarez Rojas axe ses travaux de recherche sur la pauvreté urbaine, les inégalités socio-spatiales, le logement social.

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Elle donnera quatre conférences en janvier 2022 :

Conférence 1 – Après quarante ans de modèle néolibéral, comment penser l’universalité des droits sociaux au Chili? Dans le Séminaire “Construire la critique du développement” dirigé par Sylvie Capitant et Alain Musset.
Le séminaire aura lieu le mardi 18 janvier dans le le bâtiment des colloques du Campus Condorcet, salle 307, du 14:30 a 16:30 heures.

Résumé

Au Chili, les logiques néolibérales et de consommation ont profondément marqué la société chilienne dans les dernières 40 années en produisant des modes de compréhension du monde qui ont renforcé le mythe de l’égalité d’opportunités (Dubet, 2011) et la croyance dans l’effort individuel comme la clef du progrès. Les modalités d’assistance de l’Etat envers la population démunie, ont approfondi la dépendance des pauvres vis à vis des aides de l’Etat et ont augmenté la stigmatisation dont ils sont l’objet, particulièrement de la part de classes moyennes. Ce dernier groupe, très hétérogène, vit dans une apparence de bien-être, au milieu d’une grande fragilité économique. Ce modèle a eu un impact socioculturel profond sur la société chilienne, dont on ignore l’ampleur, et qui peut devenir un obstacle majeur à l’aspiration suscitée par la révolte sociale de 2019 et par l’esprit qui anime la Convention Constitutionnelle.

Conférence 2 – « Migration et épreuve urbaine dans un groupe de migrants résidents dans la ville de Santiago du Chili »
Dans le séminaire « Mobilités transnationales, acteurs et dispositifs : pour une épistémologie critique » animé par Camille Schmoll (EHESS/ Géographie-cités)
Le séminaire aura lieu sur le Campus Condorcet en salle 50 du bâtiment des colloques, de 12h30 à 14h30.

Résumé

Bien que le Chili ne se trouve pas parmi les pays d’Amérique Latine qui reçoivent les pourcentages les plus élevés de migration de la même région ou des Caraïbes, la proportion de migrants inter-régionaux et caribéens a augmenté dans ce pays au cours de la dernière décennie sans les conditions institutionnelles et sociales pour garantir leur bien-être. Nombreuses recherches menées à ce sujet, montrent que l’urbain est pour les migrants une source centrale de tensions parmi l’ensemble des difficultés auxquelles leur expérience migratoire les confronte. Dans cette présentation, nous voulons décrire et analyser les principales difficultés identifiées dans une étude qualitative et exploratoire développée en 2020 auprès d’un groupe de migrants de la ville de Santiago. Les résultats confirment la présence d’une vulnérabilité précoce du logement, du racisme et de la discrimination, tandis que le projet migratoire apparaît comme un support central.

 

Conférence 3  – « L’épreuve de la pandémie : défi structurel, réponses individuelles, implications collectives »
Dans le séminaire “Anthropologie critique de l’aide humanitaire” dirigé par Laetitia Atlani-Duault, Université de Paris (IRD). Le séminaire aura lieu le mardi 25 janvier de 10h30 à 11h30.

Résumé

La pandémie de la COVID-19 a touché des domaines importants du fonctionnement des sociétés contemporaines, notamment, l’économie, la santé physique et mentale de la population, l’éducation, le travail, la mobilité, parmi de nombreux autres aspects. Cette présentation est axée sur les résultats d’une étude qualitative et exploratoire, développée en 2021 dans la Région Métropolitaine de Santiago, au Chili, qui a eu comme cadre théorique de référence la perspective de la sociologie de l’individu, en particulier, l’approche des épreuves et des supports proposés par Danilo Martuccelli (2006a). L’objectif a été de connaitre les dimensions que des Chiliens et des migrants de genre et d’origine sociale différents reconnaissaient comme particulièrement touchées par la pandémie, et les réponses qu’ils ont mobilisées pour y faire face. La principale technique de collecte d’informations a été l’entretien semi-structuré. Les résultats montrent que l’impact de la pandémie a été influencé par le cycle de vie, le genre, le statut national ou de migrant, le statut d’emploi et diverses intersections entre cet ensemble de dimensions.  Quant aux supports centraux identifiés, il y a la force de caractère, les liens familiaux et sociaux, le développement de la créativité et des talents individuels. Dans le cas de la population migrante, le projet migratoire apparaît comme le principal support.

Conférence 4 – « Pauvreté urbaine et épreuve urbaine chez les résidents de la Villa El Nacimiento, commune de La Pintana, Région Métropolitaine de Santiago, Chili« .
Séminaire “Construire la critique du développement” dirigé par Sylvie Capitant et Alain Musset. La conférence aura lieu le 26 janvier à l’IEDES (Institut d’études du développement de la Sorbonne), à Nogent sur Marne (à 10 mn de Châtelet) entre 10h-12h, pour le lieu suivre le lien https://iedes.pantheonsorbonne.fr/liedes-en-bref/acceder-campus

Résumé

L’option quantitative des politiques de logement social développées au Chili dans les années 90 et les débuts des années 2000, a généré de multiples problèmes socio-urbains pour les bénéficiaires et pour la ville dans son ensemble. La nature de ces problèmes est structurelle puisqu’ils correspondent à des décisions macro politiques, économiques, sociales et techniques. Ce constat nous avait mené à considérer l’expérience urbaine des habitants de la Villa El Nacimiento, notre cas d’étude et un exemple des politiques développées à cette période, comme une épreuve. C’est à dire une situation complexe de nature historique et structurelle qui complexifie la vie des individus à laquelle ils ne peuvent pas échapper et qui les oblige à mobiliser des réponses. Quelles composantes de cette expérience sont plus complexes pour ceux qui la vivent ? Quels mécanismes ces habitants ont-ils développés pour y faire face ? A travers une étude qualitative réalisée en 2020, nous avons cherché à savoir quels sont pour ces habitants les composantes essentielles de l’épreuve urbaine et les réponses qu’ils ont mobilisées pour y faire face. Les résultats confirment, entre autres, l’abandon institutionnel et la stigmatisation territoriale comme dimensions centrales de cette épreuve. Et l’effort individuel et la propriété de la maison comme supports.