
Croquis de synthèse de La Réunion
Vincent Capdepuy, 2007
Un billet de blog de Vincent Capdepuy, Docteur en géographie, professeur d’histoire et géographie (académie de La Réunion), chercheur associé à l’UMR 8504 Géographie-cités.
Entre les cartes mentales réalisées par des élèves et les chorèmes hérités de la géographie structuraliste, il semble n’y avoir aucun pont possible : d’un côté le vécu, l’intime, l’esquisse hésitante ; de l’autre, le modèle, la structure, l’abstraction. Pourtant, une expérience menée à La Réunion il y a plus de dix ans nous invite à interroger cette frontière. Que révèle la traduction de l’espace habité en langage chorématique ? Et qu’apprend-on de cette rencontre entre deux façons de dire le monde ?
Extrait
La carte mentale réinscrit la géographie dans le vécu, la chorématique en propose une mise en ordre. Ce sont deux régimes cognitifs différents et complémentaires.
Au-delà, on pourrait considérer que cette tension n’est pas propre à l’école ; elle traverse toute pratique de la géographie. Entre le sensible et le modèle, c’est une même question qui se rejoue : comment dire le monde sans le réduire.
Vincent Capdepuy.Des cartes mentales aux chorèmes : fragments d’une réflexion. Visioncarto, 2025
Mes recherches explorent l’articulation entre espace et temps afin de mieux comprendre comment les sociétés se représentent, organisent et transforment le monde. Je m’intéresse particulièrement à l’histoire du concept de “monde” et aux processus de mondialisation envisagés comme une dynamique longue de “mise en monde” de l’humanité.
Mes travaux combinent approches historiques, géographiques et cartographiques pour analyser à la fois les territoires concrets, particulièrement ceux à la marge — comme le désert entre Syrie, Irak et Arabie — et les représentations qui façonnent nos manières de penser l’espace.
En interrogeant les catégorisations, les récits globaux et les usages du mot “monde”, quelle lecture critique et transdisciplinaire peut-on proposer des phénomènes de mondialité ?

