Une journée d’étude  « Accès et utilisation des données en libre accès en géographie de la population, de la santé et de la mobilité » est organisée le 2 décembre 2021 sur le campus Rive gauche de l’Université de Paris par la commission population du CNFG et les axes Territoires et santé, Information territoriale locale et Mobilités, identités et territoires du CIST.

Dans le cadre de cette journée, Julie Vallée propose un retour d’expérience autour de l’outil Mobiliscope.

Diffuser des données libres

Les variations spatiotemporelles de fréquentation des territoires peuvent être connues grâce aux données de téléphonie mobile qui localisent un très grand nombre d’individus avec une granularité spatiale et temporelle fine. L’accès à ces données est toutefois juridiquement contrôlé ce qui place les opérateurs téléphoniques en situation de pouvoir lorsqu’ils développent leurs solutions commerciales et non libres ou organisent des collaborations avec des équipes de recherche. L’idée est alors d’utiliser les vastes enquêtes publiques sur les déplacements quotidiens afin de développer le Mobiliscope, un outil qui donne à voir les fréquentations horaires des territoires et qui propose sous licence libre des données agrégées de présence par heure et par secteur (mais aussi par groupe social) pour 2 500 secteurs en France (10 000 communes). Le Mobiliscope est ainsi une alternative libre aux services payants et propriétaires issus des données de téléphonie mobile. Même si cet outil est développé à partir de données d’enquêtes sur les déplacements qui (à quelques exceptions près) ne sont pas libres, rien n’interdit en effet que les données agrégées de présence affichées dans l’outil, et les algorithmes ayant servi à les produire, soient librement mis à disposition.

Croiser des données libres

Dès lors que différentes données libres concernent la même zone géographique, il peut être intéressant de les croiser. Le Mobiliscope ne fait pas exception : les données agrégées sur les populations présentes par heure et par secteur peuvent ainsi être mises en relation avec d’autres données libres, que ce soit (1) la localisation spatiale des équipements afin de calculer les densités d’équipements en fonction de la population présente (et non pas uniquement de la population résidente) ; (2) les périmètres d’intervention de l’action publique (les « quartiers prioritaires en politique de la ville », les dispositifs « action cœur de ville » ou « petites villes de demain ») afin de réaliser des typologiques de ces territoires d’intervention selon leur attractivité quotidienne et leur mixité fonctionnelle ; ou (3) les consommations locales d’électricité afin de les comparer aux volumes cumulés de populations présentes au cours de la journée et aux types d’activités réalisées. Ces trois exemples illustrent la diversité des pistes de recherche que le catalogue sans cesse croissant de données libres permet d’imaginer et d’explorer.