Barbara Morovich, professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’UMR Géographie-cités a co-dirigé une publication intitulée Émergences patrimoniales qui vient de paraitre dans la revue Plateïa des Presses Universitaires de Strasbourg.
Ce qui était considéré comme patrimoine architectural hier l’est-il encore aujourd’hui ? Ni figée, ni consensuelle, la notion de patrimoine est en pleine reconfiguration. De l’Europe à l’Afrique, analyse des émergences patrimoniales alternatives. Ce dossier de Plateia sur les émergences patrimoniales part du constat de l’essor, depuis la fin du XXe siècle, de nouvelles catégorisations patrimoniales, tant du côté des institutions ou des associations que des études patrimoniales, associées à de nouveaux patrimoines et à de nouvelles patrimonialisations.
Tout peut potentiellement faire patrimoine pour des acteurs et groupes sociaux de plus en plus nombreux, mais tous les patrimoines et toutes les patrimonialisations n’ont pas le même statut social.
Cette livraison prête attention à des patrimonialisations minoritaires et/ou alternatives, instables, aux groupes qui les produisent et aux changements qu’elles engendrent, surtout en Europe et en Afrique.
Ce dossier opte pour une analyse épistémologique et non consensuelle des transformations récentes du champ patrimonial. Il s’interroge en contexte postcolonial et/ou « postimpérial » sur des héritages encombrants et sur des relations « infrapatrimoniales » au végétal.
Sommaire
Préface – Julie Camonin et Anne-Sophie Hommel-Dolega
Émergences patrimoniales « minoritaires » et/ou « alternatives » : catégorisations et enjeux épistémologiques – Géraldine Djament et Barbara Morovich
Recherche
- Dix ans après « Au-delà du consensus patrimonial » : bilan et perspectives – Cyril Isnart et Anaïs Leblon
- Le patrimoine « postimpérial » : ce qui encombre – Muriel Girard
- Identifier des relations infrapatrimoniales – Usages, savoirs et attachements autour du végétal à Ìbàdàn (Nigeria) et à Yaoundé (Cameroun) – Sébastien Jacquot, Marie Morelle et Émilie Guitard
Essais
- Promises and Perils of Participation in Digital Restitution Projects in Nigeria – Barbara Morovich et Sa’eed Husaini
- Heritage Protection in Ghadames, Libya: Dâr al-Qâdî as a Laboratory of Community-Based Practices – Nora Lafi et Suaad Alghafal
Compte rendu
Sara Tassi, Ville de lignages. Généalogies urbaines à Ajace./Xo.gbonú/Porto-Novo – Nora Lafi
Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches en sciences humaines et sociales à l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg (laboratoire AMUP), Barbara MOROVICH a rejoint l’Université Panthéon-Sorbonne à Paris en septembre 2025 en tant que professeure au département d’urbanisme. Directrice de l’IFRA-Nigéria (2022-2025), elle développe depuis une vingtaine d’années des travaux de recherche sur les transformations urbaines, les mondes contemporains et les inégalités en Europe (France), Afrique (Kenya, Afrique du Sud, Nigéria) et Amérique latine (Argentine) et analyse la capacité de groupes sociaux dominés ou « minoritaires » à s’inventer des possibles à travers des processus de mémorialisation et de patrimonialisation. Parmi ses publications : Miroirs anthropologiques et changement urbain : qui participe à la transformation des quartiers populaires ?, préface de Monique Selim, Paris, L’Harmattan, 2017. Elle a également été présidente de l’Association française des anthropologues et responsable de publication du Journal des anthropologues (2016-2022).

