Soutenance d’HDR – Christophe QUÉVA
Christophe Quéva, maître de conférences en géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’UMR Géographie-cités, soutiendra son habilitation à diriger des recherches
Mercredi 4 février 2026
14 h
Centre de colloques, salle 100
Campus Condorcet
10 cours des Humanités
93300 Aubervilliers
La garante de ce travail est Béatrice von Hirschhausen (UMR géographie-Cités / EHESS).
Le dossier d’HDR est composé de trois volumes :
Le volume 1 est un mémoire de synthèse retraçant son parcours académique (Penser les espaces hors des métropoles, 157 p.)
Le volume 2 est un florilège de ses travaux de recherche (Publier sur les espaces hors des métropoles, 359 p.), organisé en cinq parties :
- Analyser les espaces ruraux dans leur diversité
- Le développement local en France et en Allemagne
- Perspectives théoriques : comparaisons franco-allemandes et ouvertures européennes
- Regards sur l’ancienne frontière interallemande
- Les villes petites et moyennes : vulnérabilité et enjeux d’égalité territoriale
Le volume 3 est un mémoire inédit, intitulé « Rurapolis – La ville hors des métropoles. Centralités, inégalités et solidarités » (293 p.), dont le résumé figure ci-dessous.
Rurapolis – La ville hors des métropoles. Centralités, inégalités et solidarités
Résumé
Avec deux programmes nationaux lancés en 2018 (Action Cœur de Ville) et en 2020 (Petites Villes de Demain), l’État français cible les villes petites et moyennes comme des enjeux majeurs d’aménagement, sortant ces villes de l’arrière-plan des politiques publiques : il s’agit de « revitaliser » leurs centres-villes, souvent marqués par la déprise urbaine (vacances de commerces et logements, précarisation, vieillissement, etc.). Doit-on voir dans ces dispositifs une réponse aux fractures territoriales régulièrement dénoncées entre les métropoles, les villes de rang « secondaire » et les espaces ruraux ? Comment sortir d’une vision caricaturale de ces espaces, qu’il s’agisse de celle d’une France dite « périphérique » contestataire face aux métropoles, ou de celle de villes idéales, marquées par la proximité et l’interconnaissance, au cadre de vie privilégié et proche de la nature, en particulier dans un contexte post-Covid ?
Ce volume inédit invite à renverser le regard sur les villes petites et moyennes : plutôt que de les aborder dans leurs relations aux métropoles et dans leur caractère subalterne de villes « petites » ou « moyennes », il propose de recontexualiser ces villes en les abordant avant tout dans leurs relations avec les espaces ruraux environnants. Appréhendées comme des rurapoles (du latin rus, campagne ; et du grec polis, ville), les villes petites et moyennes se caractérisent par une hybridation entre l’urbanité et la ruralité, l’articulation de politiques urbaines et de politiques d’aménagement et de développement rural. Elles contribuent à la structuration de territoires rurapolitains en termes d’offre de services, de commerces et d’emploi, de mobilités, ou encore d’actions locales. Elles se voient toutefois largement fragilisées et marquées par les inégalités et constituent en cela un enjeu majeur d’action publique.
À partir d’une revue approfondie de la littérature, d’analyses à l’échelle nationale (statistiques, cartographie, analyse des politiques publiques) et d’enquêtes de terrain menées à Angoulême, Forbach, Nogent-le-Rotrou et Ruffec, ce travail aborde les villes petites et moyennes françaises au prisme de trois principales entrées : la centralité locale qu’elles sont censées incarner mais qui se voit fragilisée, la place des inégalités dans ces territoires, généralement ignorée, et les formes de solidarités qui s’y mettent en œuvre, souvent invisibilisées. Chaque chapitre propose une ouverture sur le cadre allemand, afin d’interroger les différences et proximités entre les contextes et les circulations de notions, notamment celle de décroissance urbaine (Stadtschrumpfung) et de périphérisation (Peripherisierung) pour mieux comprendre et éclairer le cadre français.
Ce travail a une visée à la fois théorique et opérationnelle. Il vise à construire et proposer une nouvelle grille de lecture scientifique des villes petites et moyennes, tout en interrogeant également la portée de stratégies rurapolitaines dans le champ de l’action publique et associative, tournées vers les habitants les plus fragiles dans une perspective de solidarité et d’égalité territoriale. Cette réflexion paraît d’autant plus importante que les discours binaires simplificateurs sur les territoires se réactivent régulièrement, notamment en période électorale. Il est grand temps de le réaffirmer : il existe des centralités hors des métropoles, d’autres stratégies que l’attractivité et la compétitivité, et la rurapolis pourrait en être une figure porteuse essentielle.
Jury
Anne Bretagnolle, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Examinatrice
Xavier Desjardins, Professeur des universités, Sorbonne Université, Examinateur
Yoan Miot, Professeur des universités, Université Gustave Eiffel, Rapporteur
Marie-Vic Ozouf-Marignier, Directrice d’Étude à l’EHESS, Rapportrice
Frédéric Santamaria, Professeur des universités, Université Grenoble Alpes, Rapporteur
Nicolas Verdier, Directeur d’Études à l’EHESS, Examinateur
Béatrice von Hirschhausen, Directrice de recherche au CNRS, UMR Géographie-Cités, Garante


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