Longtemps restreints aux seuls quartiers de résidence, les travaux relatifs aux « effets de lieu » considèrent désormais la mobilité quotidienne des individus et leurs lieux d’activités avec l’idée que l’influence que les lieux exercent sur les comportements des individus serait proportionnelle au temps qu’ils y passent. Pourtant, ce mécanisme d’exposition cumulée nécessite d’être questionné : certains lieux fréquentés épisodiquement pourraient avoir des effets plus forts sur les comportements des individus que les lieux fréquentés quotidiennement.

Dans cette note, Julie Vallée s’inspire de la théorie sociologique de la « force des liens faibles » énoncée par Granovetter (1973) pour enrichir la réflexion géographique sur les « effets de lieu ». Par une analogie entre liens et lieux, elle propose de considérer que les lieux faibles d’un individu (les lieux qu’il connaît mais qu’il ne fréquente que de manière occasionnelle) pourraient être qualifiés de forts dès lors qu’ils lui permettent d’élargir le champ de ses possibles en lui donnant accès à des ressources absentes des lieux qu’il fréquente régulièrement.

 

 Julie Vallée. La force des lieux faibles. PasserelleSHS, Analyse de réseau(x) en SHS. 2021 ⟨10.48649/pshs.91⟩ ⟨hal-03542290⟩.