Une analyse quantitative et spatiale de l'investissement dans le logement des ménages pauvres dans l'agglomération du Grand Buenos Aires (2004-2013) Intervention de Julia Helena Tabbita, Doctorant à l'équipe PARIS, sous la direction de Catherine Rhein et Fernando Murillo. Séminaire PARIS, vendredi 15 novembre 2021, Campus Condorcet, bâtiment de recherche Sud, salle 1.122. Un nombre considérable de ménages à bas revenus dans les municipalités de l'agglomération du

Vue du quartier informel de « Las Ranas » à Buenos Aires, Argentine.

Une analyse quantitative et spatiale de l’investissement dans le logement des ménages pauvres dans l’agglomération du Grand Buenos Aires (2004-2013)

Intervention de Julia Helena Tabbita, Doctorant à l’équipe PARIS, sous la direction de Catherine Rhein et Fernando Murillo.

Séminaire PARIS, vendredi 19 novembre 2021, Campus Condorcet, bâtiment de recherche Sud, salle 1.122, 9h30 – 12h00.

Un nombre considérable de ménages à bas revenus dans les municipalités de l’agglomération du Grand Buenos Aires (AGBA) accèdent au logement de façon graduelle, en investissant progressivement dans sa construction ou son amélioration, sans aide technique ou financière tout en y introduisant des améliorations au fur et à mesure que leurs revenus le permettent.

À partir des années 1980, des politiques de l’habitat pour accompagner ces ménages dans ce processus d’amélioration progressive de leur logement — appelées incremental ou progressive housing policies— ont commencé à être promues en Argentine à travers divers programmes avec lesquels il est prévu de gérer le déficit de logements par une plus grande complémentarité entre les ressources familiales et celles du secteur public. Bien que les programmes à caractère progressif puissent être de natures différentes —projets de parcelles assainies, de réhabilitation des quartiers précaires ou de régularisation foncière—, dans tous les cas leur conception repose sur l’hypothèse que la sécurité des droits de propriété est une condition nécessaire pour encourager l’investissement des ménages dans leur logement. Ces programmes visent à promouvoir de tels investissements à travers l’attribution de titres fonciers et des services de base; en déléguant aux familles la construction ou l’amélioration des logements qui, selon eux, pourraient être réalisées avec leurs propres ressources.

Cependant, les évaluations montrent que ces programmes n’ont pas toujours atteint les résultats escomptés en termes d’investissement dans l’amélioration. En outre, les preuves empiriques sur les facteurs déterminants de ce type d’investissement et sur ses effets par rapport à la qualité du parc de logements sont limitées. L’objectif de cette thèse est d’offrir une proposition plus complète lors de l’analyse de l’investissement des ménages pauvres dans le logement, qui considère l’influence de facteurs non abordés dans les analyses prédominantes principalement axées sur la question de la sécurité foncière. En outre, elle vise à donner un aperçu plus précis de l’ampleur des investissements sur le logement réalisés par les familles pauvres de l’AGBA en fonction de leur statut d’occupation, incluant une dimension spatiale dans l’analyse.

L’apport de cette dimension permet une évaluation de la progression de l’investissement progressif dans le logement des ménages en analysant le degré de consolidation du parc de logements de l’AGBA à une échelle fine. Pour atteindre les objectifs proposés, une analyse statistique et cartographique est réalisée à partir des données fournies par l’enquête Budget de famille (2004-05 et 2012-13) et le Recensement de la population 2010. Les résultats montrent que le statut foncier n’a pas été un obstacle à l’investissement dans son amélioration et que, dans des contextes d’instabilité macroéconomique et de forte incertitude, le processus de consolidation du logement s’est développé de manière précaire, incomplète et inégale parmi les familles à faible revenu.