En contribuant à l’analyse du bien-être lié au logement et des inégalités, cet article de Renaud le Goix, William Kutz et Ronan Ysebaert, paru dans Housing Studies, examine comment la circonscription territoriale des politiques de protection sociale fondées sur le patrimoine influence la configuration et la trajectoire des inégalités résidentielles in situ. Il porte sur la France, qui depuis les années 2000, a explicitement lié à la politique de logement et la construction d’un régime basé sur l’accumulation d’actifs (asset-based welfare), dans trois régions urbaines (Paris, Lyon, Avignon).
Ces politiques, autrefois largement accessibles sur l’ensemble du territoire, se sont progressivement fragmentées en une mosaïque d’aides et d’incitations définies géographiquement, visant à stimuler l’achat et la vente dans certaines zones plutôt que dans d’autres. À partir de bases de données agrégées de transactions immobilières individuelles, les auteurs cartographient la manière dont ces politiques ont redessiné la géographie des inégalités résidentielles au cours des dernières décennies.
Leurs résultats mettent en évidence une bifurcation croissante issue de ces réformes : une tendance simultanée vers des dynamiques plus volatiles et plus inégalitaires. Alors même que ces évolutions se produisent dans un contexte d’efforts gouvernementaux explicites pour réduire les déséquilibres socio-spatiaux dans le pays, cet article interroge la capacité réelle de ces politiques patrimoniales à assurer la sécurité et le bien-être qu’elles prétendent garantir.

« Overall, we can say that as opposed to consistency and stability, which is so crucial to the construction of asset-based welfare, residential markets in France display a considerable amount of diverging valorization pathways that are geographically clustered by region. The number of municipalities characterized by risk represents the lion’s share of our sample […] »

