Pour le rapport de l’ONPV paru en juillet 2021 Aurélie Douet et Julie Vallée ont rédigé une fiche de synthèse consacrée à l’(im)mobilité des femmes et des hommes à partir des données du Mobiliscope. Cette analyse met en lumière les différences de temps passé au domicile et dans le quartier de résidence selon que les personnes résident ou non dans les Quartiers Prioritaires de la politique de la ville (QPV), tout en montrant que ces différences sont moins fortes que celles qui existent entre les femmes et les hommes.

 

Une occupation genrée des espaces au quotidien

Au cours des 24 heures de la journée, la majorité des sorties du domicile a lieu entre 6h et 8h le matin et les retours, moins synchrones, s’échelonnent de 16h à 20h. A 10h, 47 % des habitants des QPV sont hors de leur domicile (12 % dans leur secteur de résidence et 35 % en dehors), un chiffre nettement moins élevé que pour les habitants des autres quartiers qui, à la même heure, sont 58 % à être hors de leur domicile (13 % d’entre eux sont présents dans leur secteur de résidence et 42 % hors de leur secteur de résidence).

Rythmes quotidiens des pratiques spatiales des résidents en QPV et hors QPV

 

Ces sorties du domicile occasionnent des pratiques genrées aussi bien dans l’espace que dans le temps. Le domicile est un espace très majoritairement féminin entre 8h et 16h. Les secteurs de résidence sont majoritairement fréquentés par les femmes entre 8h et 19h et par les hommes à partir de 19h et pour le reste de la soirée. Enfin, parmi les personnes présentes hors de leur secteur de résidence, les hommes sont toujours majoritaires quelle que soit l’heure, mais le ratio femmes/hommes est quasiment équilibré entre 15h et 18h. Ces différences de genre dans les pratiques quotidiennes de l’espace sont un peu plus marquées pour les habitants des QPV que pour ceux des autres quartiers.

Cette analyse spatio-temporelle confirme que les responsabilités domestiques demeurent largement dévolues aux femmes et que leurs pratiques quotidiennes sont plus restreintes à la fois dans l’espace et dans le temps. Aux différences de genre s’ajoutent des différences liées au quartier de résidence. Cependant, celles-ci ne rendent qu’imparfaitement compte à elles seules des différenciations dans les rythmes quotidiens des pratiques spatiales.