
Axe routier desservant une zone d’emploi dans le nord-est de Nantes. © Maxime Guinepain, juin 2022.
Auto, boulot, marmots, dodo ? Une géographie sociale de l’organisation spatio-temporelle des journées de travail et des mobilités du quotidien.
Maxime Guinepain (Université Paris-Cité / Géographie-cités) soutiendra sa thèse de doctorat de géographie et aménagement réalisée au sein des laboratoires ESO et Géographie-cités sous la direction de Julie Vallée (CNRS / UMR LISST) et Jean Rivière (UMR ESO) et intitulée « Auto, boulot, marmots, dodo ? Une géographie sociale de l’organisation spatio-temporelle des journées de travail et des mobilités du quotidien » le
Jeudi 5 décembre 2024
14h
Campus des Grands Moulins
Espace Olympe de Gouges
1er étage (ancienne salle 105)
8, place Paul Ricœur
75013 Paris
Accès depuis le métro/gare RER Bibliothèque François Mitterrand et l’arrêt de tramway Porte de France.
Si vous souhaitez prendre part à cette soutenance en présence, et vous joindre au pot qui suivra, auquel je vous convie chaleureusement, merci par avance de me prévenir de votre venue (maxime.guinepain posteo.net). Suivre la soutenance en distanciel sera également possible : je vous invite à m’écrire afin de vous envoyer le lien de connexion.
Jury
– Laurent CAILLY, rapporteur (Université de Tours)
– Anne LAMBERT, examinatrice (INED)
– Renaud LE GOIX, examinateur (Université Paris-Cité)
– Antonine RIBARDIÈRE, examinatrice (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
– Jean RIVIÈRE, codirecteur (Université de Nantes)
– Thomas THÉVENIN, rapporteur (Université de Bourgogne)
– Julie VALLÉE, codirectrice (CNRS)
Résumé de la thèse
À l’heure de la transition écologique et de la hausse du coût de l’énergie, le défi constitué par l’ampleur des déplacements quotidiens des travailleur-ses depuis l’invention des transports de masse et de l’automobile semble plus que jamais d’actualité. Le mouvement des « Gilets jaunes » en a rappelé la dimension politique en France, en soulignant combien tou⋅tes n’étaient pas égaux et égales face à cet enjeu. Pourtant, l’injonction à la mobilité, la centralité de l’investissement de soi dans la sphère professionnelle et l’organisation « typique » du quotidien restent autant d’actualité que ne le sont les modèles du pavillon et de la propriété du logement dont la recherche souligne plus souvent l’importance.
Cette thèse propose de prendre la mesure de cette normativité sous l’angle de la notion de « rapport social », en particulier de classe et de genre. Elle allie pour cela une approche bourdieusienne des dispositions et des capitaux des personnes en emploi à une reconstruction spatio-temporelle de la journée de travail inspirée par la géographie du temps. Elle s’appuie sur une analyse inédite de 72 enquêtes de mobilité françaises réalisées entre 2009 et 2019 et intégrées à la « Base unifiée » du Cerema, ainsi que de l’Enquête Mobilité des Personnes de 2019. Elle propose en complément une démarche de recherche qualitative auprès des concerné⋅es. En intégrant ensemble des éléments d’analyse souvent séparés (les distances parcourues, les horaires de travail, les programmes d’activité et les modes de transport employés) la thèse montre combien les hiérarchies sociales continuent de structurer l’organisation quotidienne de la population active, au risque de constituer un obstacle au changement des pratiques et de fragiliser celles et ceux dont le quotidien est déjà contraint et précaire.
Mots-clés : enquêtes de mobilité, genre, géographie sociale, géographie du temps, inégalités, journée de travail, mobilités quotidiennes, navettes domicile-travail, rapports sociaux

