PARIS2021-09-16T17:46:11+02:00

Équipe PARIS

L’équipe PARIS analyse les dynamiques territoriales en considérant que les interactions spatiales et sociales jouent un rôle moteur dans leur composition et leur reconfiguration. Les recherches s’appuient sur un ensemble diversifié de méthodes : analyse spatiale, modélisation statique et dynamique, méthodes mixtes qualitatives et quantitatives, analyses de corpus de média.

La prise en compte des pratiques et représentations des acteurs s’est affirmée. Les nouvelles données – données du web, de la téléphonie, et autres traces numériques – sont mobilisées pour mieux saisir les interactions spatiales. Un regard renouvelé est porté à la question de l’articulation des échelles spatiales, du quartier à la métropole, de la ville au Monde.

Les échelles temporelles sont aussi abordées, qu’il s’agisse des dynamiques lentes de l’évolution des systèmes de villes ou des dynamiques rapides en jeu dans les espaces métropolitains. Enfin la question des contextes spatiaux, sociaux ou encore économiques fait aussi l’objet de recherche spécifique.

À l’origine français et européens, les terrains d’étude se sont ouverts aux États-Unis, à l’Asie et à l’Afrique, si bien que les recherches sont régulièrement mises en perspective dans un cadre comparatif.

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Les membres

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Thématiques

Les recherches menées sur l’urbain au sein de l’équipe PARIS ont en commun de se situer au croisement de l’étude des formes d’organisation de l’espace et de celle des pratiques, des représentations et des stratégies des différents acteurs. L’objectif est de saisir les formes majeures du changement urbain actuel et d’en identifier les moteurs, en particulier ceux qui sont émergents ou appelés à avoir une influence croissante.

Les travaux s’articulent autour de deux grandes orientations. La première orientation concerne l’ensemble des circulations entre les villes, qu’il s’agisse des personnes, des savoirs urbains, des idéologies ou des capitaux. L’articulation entre l’échelon individuel, les échelons locaux et urbains y est centrale : les acteurs locaux peuvent en effet accompagner ou résister à certains processus, les infléchir ou à l’inverse impulser eux-mêmes le changement. Une deuxième orientation concerne les transformations en cours dans les villes petites et moyennes, et l’urbain diffus, afin de saisir le changement urbain de manière décentrée par rapport au focus métropolitain.

D’un point de vue théorique, nous construisons des outils pour penser la ville en dehors d’un cadre trop strictement hiérarchique, en intégrant les relations horizontales, parfois transnationales. Nous nous intéressons aussi aux croisements entre recherche sur les villes des Suds et des Nords. Plusieurs entrées sont investiguées : les inégalités socio-spatiales et la manière dont elles sont produites ; la fabrique ordinaire de l’urbain par les habitants, par les commerçants ainsi que par les individus pris dans des mobilités à large échelle ; le foncier, l’accès au sol et sa conversion à des usages urbains, le rôle croissant de la finance et de la promotion immobilière ; les outils numériques en tant qu’ils transforment les pratiques et les dynamiques urbaines ; l’urbain sous l’angle de la crise, en s’interrogeant sur les effets sociaux et politiques des phénomènes de décroissance et sur l’impact de la crise économique et de la crise des finances publiques.

D’un point de vue méthodologique, l’attention se porte sur la variété de données mobilisables, qu’elles soient qualitatives ou quantitatives, en intégrant les données non conventionnelles désormais à disposition des chercheurs (traces numériques, plateformes collaboratives, etc.). L’accent est mis sur le dialogue entre méthodes quantitatives et qualitatives ainsi que sur la comparaison internationale.

Street Vendor ; New York City, USA, 2015

Cette thématique fédére les travaux sur les processus liés à la mondialisation et à l’émergence d’un espace mondial ou macro-régional : les réseaux, les systèmes de villes et les maillages territoriaux. L’émergence et la structuration de grands espaces ou zones d’intégration régionale s’appuie sur les maillages territoriaux antérieurs. En termes de gouvernance, l’échelle mondiale, les échelles régionales supra-et infra-nationales constituent désormais des mailles qui reflètent de nouvelles formes de territorialités. L’emboîtement des mailles territoriales aux pouvoirs et légitimités divers posent des questions en termes de gouvernance pluri-scalaire, de légitimité de l’action publique et de représentations du collectif.

Trois grands types d’approches complémentaires sont mis en œuvre. La première concerne les processus spatiaux liés à la mondialisation, dans leur impact sur les systèmes de villes, en termes d’émergence mais aussi de rétraction et de décroissance. Villes et réseaux sont à la fois des vecteurs et des marqueurs de la mondialisation économique, marchande et financière. Ces travaux s’appliquent aussi bien dans les Nords que dans les Suds, dans une perspective comparative.

Une deuxième approche, dite « multiplexe », favorise des échanges entre les travaux réalisés tant sur les réseaux matériels (transport maritime, aérien, routier…) que sur les réseaux immatériels (collaborations scientifiques, flux médiatiques ou financiers). Il s’agit par exemple d’analyser des représentations spatiales, des sentiments d’appartenance, des discours sur l’espace, individuels ou collectifs.

Une troisième approche concerne la question de la territorialité, et interroge les formes existantes de l’organisation territoriale mais également celles qui émergent ou tentent d’émerger en dehors de cadres territoriaux éprouvés, en termes d’échelle d’action territoriale. Il s’agit de porter un regard critique sur les États, les continents ou les aires culturelles comme unités géographiques et analytiques de base. La gestion de régions transnationales est un réel enjeu en de nombreux endroits du monde, elle nécessite de s’interroger sur les mailles et l’intégration territoriale, sur la territorialité et la gouvernance multi-scalaires.

Réseau mondial des collaborations scientifiques en 2013 (principaux liens en volume)
Data-visualisation avec le prototype NETMAP
Auteur.rices : Marion Maisonobe et Laurent Jégou

Les recherches sur la modélisation menée dans le cadre de cette thématique se situent à l’interface de la géographie quantitative, de la géomatique, de la statistique, des sciences des systèmes complexes et de l’informatique. Trois grandes orientations peuvent être identifiées.

Dans le prolongement des travaux menés de longue date au sein de l’équipe PARIS, un premier ensemble de recherches concerne l’approfondissement de la formalisation des modèles. Dans le cas de modèles théoriques, un des enjeux est de concevoir des modèles qui reflètent et révèlent les structures dynamiques et multiscalaires des phénomènes étudiés ainsi que les interactions entre agents, structures et processus. Dans le cas de modèles empiriques, un enjeu important est d’intégrer et de combiner la structure complexe des différentes bases de données. Pour les modèles théoriques comme empiriques, il s’agit aussi de discuter des contextes historiques de développement et d’utilisation des modèles.

Une deuxième orientation de cette thématique concerne l’articulation des modèles et leur complémentarité dans la mesure où chaque modèle n’éclaire qu’un aspect du phénomène d’intérêt. Citons à titre d’exemple : l’articulation des modèles centrés sur des échelles microscopiques et macroscopiques ; le croisement des approches spatiales (continues) et territoriales (discrètes) ; le couplage des modèles statistiques et des modèles de simulation multi-agents ; la confrontation des modèles construits sur des données traditionnelles à ceux construits (ou à construire) sur les données nouvelles et souvent massives ; la mise en regard des modèles développés dans les différents champs des sciences sociales.

Enfin la troisième orientation concerne l’usage qui peut être fait des outils de modélisation et de géovisualisation pour ouvrir et diffuser des pistes de recherche, pour acquérir des nouvelles données, pour favoriser l’implication d’un groupe d’individus dans la prise de décision (modélisation participative), ou pour intégrer des processus de décision.

Pour chacune de ces quatre orientations, les recherches menées au sein de cette thématique concernent un large spectre de phénomènes dont la structuration spatiale est questionnée : systèmes de peuplement, mobilité des populations, flux matériels et immatériels, inégalités de santé, espace scolaire, conflits, risques et vulnérabilité, etc.

Les paysages musicaux : une « cartographie » des distances entre genres musicaux à partir des genres déclarés du catalogue musical de Deezer. ANR RECORDS, 2020.

Les programmes scientifiques récents des membres de l’équipe

LimSpaces – Vivre l’entre-deux : stratégies d’adaptation et horizons d’attente d’acteurs ordinaires en Ukraine et Moldavie

Dates : 2021 - 2024

LimSpaces propose une lecture renouvelée des sociétés d’Ukraine et de Moldavie qui semblent s’être installées dans une instabilité politique et sociale durable aux portes mêmes de l'Union européenne. Il s’intéresser aux effets microsociaux de leur position "entre-deux", entre les sphères d’intervention occidentales et russes ; il les analyse dans une perspective située et relationnelle, centrée sur les acteurs.

Terres en devenir – Conversions des usages du sols dans les Suds

Dates : 2020 - 2021

Cette recherche porte sur les modalités de conversion des usages du sol dans les Suds en lien avec l’urbanisation. Il s’agit, d’une part, de repérer et classer les processus de conversion, les sorties des usages agricoles ou l’entrée sur le marché urbain à l’échelle macro et, d’autre part, de documenter à partir d’études de cas précises les modalités d’action et leurs effets.

DiffusEsperanto – Documenter la diffusion multilingue d’un projet universaliste à la fin du 19e siècle : la numérisation des premiers écrits du mouvement espérantiste (1887-1892)

Dates : 2020 - 2021

Dès l’apparition de l’esperanto en 1887, ses promoteurs développent une propagande multilingue pour populariser cette "langue internationale". Le projet est de numériser les brochures publiées dans les «langues naturelles» entre 1887 et 1892 pour promouvoir l’esperanto, des documents dispersés dans des bibliothèques européennes et israéliennes, et constituer ainsi un corpus pour l’analyse de la diffusion de l’idée espérantiste.

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