
Lieu de maraude, Grande-Synthe, © Antoine Esnos, 2020
Comment les configurations spatiales – relégation périphérique des campements, éloignement des centralités, morcellement des lieux d’intervention – affectent-elles les trajectoires d’engagement associatif auprès des personnes exilées ?
Le projet DISEE (Dimension Spatiale des Engagements auprès des Exilé·es) interroge la dimension spatiale du découragement, la fabrication de « bénévoles long-terme » et la circulation des savoirs entre territoires d’engagement.
Porté par Antoine Esnos (doctorant en sociologie, LATTS, Université Gustave Eiffel) et Annaelle Piva (chercheuse post-doctorante en géographie, UMR Géographie-cités, équipe P.A.R.I.S), ce projet a été retenu dans le cadre de la première vague de l’Appel à Projets « Amorçage » 2026 du GIS GESTES.
À la croisée de la sociologie du travail, de la sociologie de l’engagement et de la géographie des migrations, la recherche mobilise observations participantes, entretiens semi-directifs, cartographies sensibles et comparaison d’associations aux statuts et modèles d’action différenciés. Le projet se concentre sur trois hypothèses initiales :
1. Les spatialités de l’action bénévole ou militante participent à une « politique du découragement » des bénévoles et à leur épuisement.
2. Les engagements pérennes transforment les trajectoires biographiques, professionnelles et militantes, brouillant les frontières entre bénévolat et salariat.
3. Les carrières d’engagement, souvent multi-situées, contribuent à une circulation des savoirs et à une professionnalisation du champ de l’aide aux exilé·es en France.
DISEE étudie plus spécifiquement deux terrains frontaliers : Calais et Briançon. Les enquêtes de terrain ont lieu en 2026 et se poursuivront en 2027. Une restitution est prévue fin 2027 dans le cadre d’une journée d’étude.

