Le prochain séminaire de l’équipe EHGO aura lieu
le vendredi 18 février
de 14h00 à 17h00
salle 3122, bâtiment de recherche sud.
Benjamin Duinat, qui a soutenu récemment sa thèse à l’Université Paris Sciences & Lettres, sous le titre « Autour de la “ligne divisoire”. L’espace frontalier du Pays Basque à l’âge des États-nations (1780-1920) », membre associé de Géographie-cités, interviendra en présentiel sur le thème : « L’habitus frontalier à l’épreuve, ou les populations du Pays Basque à l’ère de la délimitation (1780-1920) ».
Autour de la « ligne divisoire ». L’espace frontalier du Pays Basque à l’âge des États-nations (1780-1920)
Présentation de la thèse de Benjamin Duinat
Dans une perspective micro-analytique et spatiale, il s’est essentiellement agi de sonder ce terrain au travers du phénomène de rupture dans la contiguïté que crée une discontinuité interétatique. Mais l’étude de la délimitation (tracer un figuré linéaire sur une carte), la démarcation (réaliser un abornement) et la gouvernance de cet espace n’aura été qu’un prétexte nécessaire, destiné à réduire l’opacité du social et mettre au jour le puissant habitus frontalier qu’ont forgé au fil du temps les populations du Pays Basque.
Grâce à un vagabondage méthodique dans de nombreux centres d’archives et à des lectures acharnées de travaux portant sur les espaces frontaliers de tous horizons, j’ai constaté, pour les XVIIIe et XIXe siècles, que les travaux d’abornement étaient anormalement longs dans les parties occidentale des Pyrénées et septentrionale de la frontière hispano-portugaise. Les habitants de ces espaces ruraux s’avéraient être de redoutables négociateurs en matière de limites interétatiques.
Pourquoi ces frontaliers-là ? Car, depuis le Moyen âge ou le début de l’époque moderne, les frontières y sont très stables. Or, cet habitus frontalier se forme comme une concrétion, par apports lents de matières. Pour autant, il ne s’agit pas de prétendre que cet habitus n’existe pas ailleurs. Mais, au Pays Basque et en Galice, il a été consolidé sur la longue durée. Et l’avance chronologique est difficile à rattraper.Soulignons, enfin, que l’habitus frontalier se décline au moins de trois manières différentes. Il s’agit de savoirs et compétences dans le domaine des tractations frontalières, de la profonde incorporation de la rupture géopolitique dans les pratiques des populations et des multiples formes de louvoiement destinées à tirer avantage de positions ambigües que la césure interétatique induit.
Pour ceux qui ne pourraient être présents, ce séminaire se déroulera également via zoom. Pour obtenir le lien et les codes d’accès, contacter nv ( at ) parisgeo.cnrs.fr

