Lancement d’un nouveau séminaire périodique

Soutenu par le laboratoire TVES (ULR 4477) et le département Géomatique et Génie urbain de l’école Polytech-Lille

Maryvonne Prévot, organisatrice, et Olivier Blanpain, Eric Masson, Nicolas Szende, co-organisateurs

Plusieurs initiatives, ponctuelles ou pérennes ainsi que des publications se sont interrogées ces dernières années sur les professionnalités évolutives de l’urbain, tant d’un point de vue des imaginaires, des registres d’expertises, des valeurs, des catégorisations, des savoirs, compétences, pratiques et identités professionnelles mais aussi de l’adéquation entre mondes professionnels et formations dispensées.

Quatre mots clés sous-tendent cette nouvelle initiative qui entend compléter et prolonger les réflexions engagées : interdisciplinarité, inter-professionnalité, interconnaissance et réflexivité, qui visent plus que jamais à favoriser les échanges entre cultures disciplinaires, formations et professions, au sujet desquels les perspectives historiques et internationales seront présentes.

Ce séminaire sera le lieu d’échanges et de regards croisés, exogènes et endogènes, qui associeront systématiquement enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants, praticiens et représentants d’organisations professionnelles et au moins une entreprise intervenant dans les champs de l’urbain à chacune des séances.

La première séance de ce séminaire, organisée par Nicolas Szende, doctorant contractuel (Géographie-cités / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Université de Lille ) aura pour thème : « Les mondes professionnels de la donnée géospatiale ».

Date : 17 janvier 2024, 13 h – 17 h 30

LIEU : Polytech LILLE, amphithéâtre MIGEON, av. Paul Langevin, 59650 Villeneuve d’Ascq

La venue en présentiel à ce séminaire est libre, mais un courriel envoyé à nicolas.szende ( at ) parisgeo.cnrs.fr pour signaler votre venue sera apprécié. Le séminaire pourra être suivi en visio.

Résumé

La mise en disponibilité de nouvelles techniques et ensembles de données pour l’analyse de l’information géographique doit être prise en compte si nous voulons décrire et expliquer la restructuration de la géographie en tant que champ universitaire, au moins depuis les années 1950 – ainsi que ses liens avec des domaines scientifiques et professionnels connexes (ingénierie, urbanisme, finance urbaine) au cours de cette période (voir Openshaw, 1991 ; Barnes, 2013). Ce sont des mutations qui nous poussent à interroger ce qui lie les usagers et diffuseurs de ces modèles et instruments : peut-on envisager un monde (Becker, 1983) de la donnée géospatiale ou doit-on se restreindre à l’idée d’une ‘communauté instrumentale’ (Simoulin, 2007) ?

L’histoire des capacités computationnelles dans les départements et laboratoires universitaires, de l’émergence massive des SIG en tant que « pipeline de recherche » mais également comme marché dans les années 1990, les langages de programmation et les progiciels mobilisés aujourd’hui dans le traitement informationnel et la modélisation géographiques (Arribas-Bel et Reades, 2018), la complétude variable des sources de données mobilisées (Noucher, 2023) ou les finalités éventuelles de la modélisation géographique, sont autant d’éléments font partie de cette histoire scientifique et professionnelle. C’est une histoire qui nécessite de s’interroger sur les références théoriques et méthodologiques sur lesquelles s’appuient les spécialistes des SIG et les ‘analystes spatiaux’, mais aussi sur leurs conditions de travail passées et présentes.

Intervenant-e-s

Esteban Bopp, MCF, Université de Lille : Evaluer de manière critique une innovation grâce à la modélisation spatiale et la géostatistique : le cas du Cell Broadcast pour l’alerte aux populations en France

Kimberley du Buat, doctorante, Université Paris-1 / Géographie-cités : La place des géographes de la donnée géospatiale : l’analyse des données géographiques comme filière majeure de recrutement des géographes en France

Clémentine Cottineau, chargée de recherche CNRS détachée et assistant professor of Urban Studies à la Technische Universiteit de Delft, Pays-Bas : La circulation des modèles analytiques dans le domaine des études urbaines

Juliette Davret, Chercheuse postdoctorale, Maynooth University, Irlande : Études critiques et relations de pouvoir : le rôle des informations géographiques dans la planification

Yikang Wang, doctorant, University College London : Choosing GIS graduate programs from afar: Chinese students’ perspectives

Nicolas Szende, doctorant, Université de Lille/Université Paris-1 : Les acteurs de la mise en marché des données et modèles géospatiaux au Royaume-Uni : une histoire de bifurcations

Intervenants de l’entreprise Collecte Localisation Satellite

Le programme détaillé du séminaire sera transmis début janvier.

Bibliographie

Arribas‐Bel, D., & Reades, J., 2018. Geography and computers: Past, present, and future. Geography Compass, 12(10), e12403.

Barnes, T. J., 2013. Big data, little history. Dialogues in Human Geography, 3(3), 297- 302.

Douay, N., Geppert, A., Leininger-Frézal, C., & Prévot, M., 2017. Former à l’aménagement et l’urbanisme : enjeux épistémologiques et pédagogiques. Territoire en mouvement, Revue de géographie et aménagement.

Faburel G., 2017, « Les formations universitaires en urbanisme en France : un nouveau gouvernement des corps (de métiers) », Cybergeo : European Journal of Geography, Débats, Les métiers de la ville

Girault M., 2016, « L’urbanisme comme nouveau corporatisme. Analyse des discours des associations professionnelles », Cybergeo : European Journal of Geography, Débats, Les métiers de la ville

Girault, M., 2018. « Les métiers de l’urbain en débat : points de vue du public étudiant », Cahiers RAMAU, 9 | 2018, 186-199.

Noucher, M., 2023. Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques, CNRS Editions, 409 p.

Openshaw, S., 1991. A view on the GIS crisis in geography, or, using GIS to put HumptyDumpty back together again. Environment and Planning A, 23(5), 621-628.