Ré-analyser la métaphore géographique du placard à travers les expériences trans de l’espace public
Milan Bonté, Maître de conférences à l’Université de Lille, ULR TVES et chercheur associé à l’UMR Géographie-cités propose dans un article publié dans ACME : An International Journal for Critical Geographies d’utiliser la métaphore bien connue du placard, répandue à la fois dans les cultures populaires lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) et dans la géographie des sexualités, comme un prisme à travers lequel interpréter les expériences des personnes transgenres dans les espaces publics quotidiens.
En juxtaposant les résultats quantitatifs de deux enquêtes par questionnaire menées en France et au Royaume-Uni aux résultats d’une enquête ethnographique sur les pratiques quotidiennes des personnes transgenres dans les espaces publics de Paris, Rennes (France) et Londres (Royaume-Uni), l’article plaide pour que le placard soit considéré à la fois comme un outil méthodologique et conceptuel. L’auteur affirme que, malgré les défis posés par cette métaphore – qui défie une simple représentation cartographique, celle-ci facilite la conceptualisation des dimensions spatiales de la transphobie lorsqu’elle est appliquée aux expériences vécues par les transgenres.
À l’aide de géovisualisations basées sur les récits de vie des participants, l’article met en évidence la coexistence, au sein du placard trans, de formes de rejet ou d’évitement, qui peuvent conjointement exclure ou confiner, parfois au même endroit. Les mouvements d’exclusion et d’enfermement inhérents au placard trans apparaissent comme des forces puissantes qui limitent l’accès à l’espace, des impacts amplifiés par l’intersection de multiples formes de discrimination.

The closet in the everyday life of Ludo, 18, high school student, Ecouen (northern suburb of Paris) © Milan Bontë

