Dates : 2024 – 2027

Responsable du programme au sein de l’UMR : Béatrice von Hirschhausen

Membre de l’UMR impliquée dans le programme : Joséphine Lécuyer, Hélène Roth

Équipe de l’UMR impliquée : TERMS

Transversalité concernée : Mobilités et territoires : vers une approche relationnelle de l’espace

Noms des institutions partenaires :  LNRS/UVSQ-Paris Saclay, Laboratoire Printemps UMR 8085, Viadrina Center B/ORDERS IN MOTION, Centre Marc Bloch

Responsable du programme en dehors de l’UMR : Laure de Verdalle, Carolin Leutloff-Grandits

Financement : German Research Foundation (DFG), Agence Nationale de la Recherche (ANR)

Site internet

Description : Alors que des communautés villageoises voisines, autrefois séparées par la frontière intra-allemande, sont aujourd’hui reliées par un réseau dense de mobilités, partagent les mêmes lieux de travail ainsi qu’une même stabilité sociale et économique, elles ne coopèrent guère et ne nouent pas de liens sociaux profonds ni d’amitiés. Le projet vise à éclairer ce paradoxe en analysant les expériences de vie et les visions du monde de leurs habitant·es.

Un ciel toujours partagé ? Interdépendances et asymétries le long de l’ancienne frontière interallemande. – DIVSky

Le projet utilise la proximité spatiale des communautés villageoises le long de l’ancienne frontière interallemande pour poser laquestion des effets de la séparation des deux États allemands ainsi que des transformations multiples et souvent asymétriques qui ont accompagné la réunification des deux États allemands et qui sont encore effectives aujourd’hui.

Le choix de sites d’étude situés de part et d’autre de l’ancienne frontière permettra d’examiner les changements affectant tant l’Ouest que l’Est, et d’étudier de manière critique la nature des processus en cours depuis 1989, interprétés dans la littérature comme une « convergence », une « intégration » ou, plus récemment, une « co-transformation ». La décision de « revisiter » des villages qui ont déjà fait l’objet d’études dans les années 1990 ajoutera une dimension temporelle originale à nos analyses.

En nous appuyant sur trois approches disciplinaires (anthropologie sociale, sociologie et géographie) mises en œuvre sur les mêmes sites d’étude, nous examinons trois dimensions qui, selon nous, permettront d’éclairer et de mieux comprendre le phénomène de frontière fantôme qui semble caractériser ces espaces sociaux, malgré la disparition des barrières territoriales et économiques liées à l’ancienne frontière interallemande. Ces trois dimensions sont les suivantes : L’organisation de la vie sociale et le développement des liens sociaux, familiaux et intergénérationnels (WP2), l’ancrage territorial, les pratiques de mobilité et les aspects relationnels liés aux expériences éducatives et professionnelles (WP3), ainsi que les relations avec la politique et les formes d’engagement (WP4). Conformément à des considérations éthiques et de transfert, la valorisation (WP5) s’adressera à la fois au monde universitaire et aux sociétés locales, qui seront invitées à participer au tournage d’un film documentaire par une équipe professionnelle.

Une démarche ethnographique, multisituée

Nous mobilisons une approche ethnographique, complétée par des méthodes statistiques et cartographiques, pour retracer la dissolution et le dépassement des frontières, ainsi que leur réorganisation et leur redéfinition.

La proximité spatiale des villages dans lesquels nous enquêtons permet d’observer, à un grain très fin, tout ce qui rapproche désormais les communautés villageoises à l’Est et à l’Ouest de l’ancienne frontière (réseau dense de mobilités, bassins d’emploi partagés, dialecte commun et modes de vie similaires), mais aussi de repérer des asymétries qui témoignent des répercussions encore bien présentes des processus amorcés en 1990 au moment de la réunification et qui se manifestent à différents niveaux (comportements électoraux, organisation de la vie sociale et villageoise, pratiques intrafamiliales). Le choix de sites d’enquête répartis à différents points de l’ancienne frontière permet aussi de faire varier les configurations et paramètres locaux afin d’examiner, dans une perspective critique, la nature de ces asymétries et des processus qui les alimentent.