Sport, loisirs et limites de l’inclusion des personnes migrantes en Espagne
Cet article cosigné par Julien Puech, postdoctorant CNRS au sein de l’UMR Géographie-cités présente les résultats de SCORE (Sporting Cities Opposing Racism in Europe), un programme de recherche collaboratif financé par la Commission européenne et mené sur une période de deux ans (2022–2024).
Ce projet a réuni plusieurs villes européennes, universités et organisations locales dans le but de favoriser l’intégration des personnes migrantes et de prévenir le racisme ainsi que les discriminations dans le domaine du sport. Le programme de recherche s’est appuyé sur l’analyse des méthodologies et des stratégies mises en œuvre à l’échelle locale (N = 169).
Dans cet article, Noemi Garcia-Arjona (CIAMS – Complexité, Innovation, Activités Motrices et Sportives), Anthony Forestier (VIPS2 – Valeurs Innovations Politiques Socialisations & Sports) et Julien Puech examinent le cas espagnol (N = 52), qui se distingue par une plus grande diversité d’initiatives. En tant que pays d’immigration relativement récent, l’Espagne ne s’est pas encore dotée d’un modèle national d’intégration commun. Afin d’analyser les programmes sportifs et les conceptions qui les sous-tendent, la auteur·e·s mobilisent le cadre conceptuel de la cohésion sociale adapté au champ du sport et des loisirs. Plus précisément, il.elle.s étudient la manière dont les relations sociales, le sentiment d’appartenance et l’orientation vers le bien commun se traduisent à la fois dans les discours politiques et dans les méthodologies des programmes sportifs.
Les résultats montrent que les relations sociales constituent une priorité majeure de ces programmes, notamment pour favoriser la constitution de réseaux sociaux solides et résilients ainsi que le développement de la confiance entre les personnes migrantes et la population locale. En revanche, la participation citoyenne et le sentiment d’identification au territoire local occupent une place plus marginale.
Cet article entend contribuer au débat sur les objectifs des politiques publiques en matière de programmes sportifs, en dialogue avec les travaux récents sur le sujet. Enfin, la spécificité du cas espagnol — en particulier le rôle déterminant des instances supranationales dans la légitimation des stratégies locales — est examinée dans une perspective critique.

