Comment évaluer le nombre « réel » de villes chinoises et comment expliquer l’omission délibérée de la grande majorité des petites et moyennes villes dans la plupart des études consacrées à la Chine urbaine ? Cette anomalie est-elle simplement le résultat de choix méthodologiques ? Ou bien le système urbain chinois présente-t-il une véritable singularité ? Dans cet article du Blog Cybergeo Conversation, associé à la revue Cybergeo, Denise Pumain, professeure émérite membre de Géographie-cités, analyse dans quelle mesure cette anomalie peut être expliquée par un ensemble de spécificités propres à l’urbanisation chinoise.
Alors que la littérature scientifique fait état d’un nombre sous-estimé de villes en Chine, Denise Pumain, professeure émérite membre de Géographie-cités, cherche à expliquer l’origine de cette anomalie en examinant quatre sources possibles de spécificités de l’urbanisation chinoise. Elle montre qu’il est possible d’obtenir des estimations plus réalistes du nombre de villes en mobilisant des sources de données chinoises et cite plusieurs articles récents qui s’inscrivent dans cette démarche. Ainsi, l’utilisation de bases de données harmonisées pourrait contribuer à rétablir la comparabilité entre l’urbanisation en Chine et celle observée dans les autres régions du monde.
L’importance du nombre d’unités urbaines absentes ressort nettement de la comparaison entre deux cartes issues de la thèse d’Elfie Swerts (2013). Alors que la figure 1a représente la population d’environ 9 000 villes chinoises, la figure 1b ne porte que sur 695 d’entre elles, classées selon 32 catégories d’emploi pour l’année 2000.

Denise Pumain (2 juin 2026). The Hidden Number of Chinese Cities. cybergeo conversation

