Cover page of Hybrid MobilitiesDes facteurs aussi divers que la mondialisation, les tensions géopolitiques ou la transformation des modes de vie renforcent le rôle des mobilités comme dimension structurante des sociétés contemporaines. Si les recherches en sciences sociales ont pris acte de ces changements, rares sont les études qui croisent les différentes formes de mobilités, des navettes domicile-travail aux touristes et backpackers, aux travailleurs saisonniers ou migrants internationaux.

La diversité des situations de mobilité étudiée dans cet ouvrage met en évidence la contribution de la réalité mobilité à la fabrique quotidienne des espaces urbains, régionaux et mondiaux et à la redéfinition des concepts socio-spatiaux.

En déployant une approche interdisciplinaire relationnelle, l’ouvrage revisite certains concepts comme l’exclusion, l’héritage ou la distance pour comprendre les spatialités en dehors des oppositions entre fixité/mobilité, privé/public, ici/ailleurs. En étudiant les rapports de pouvoir qui s’instaurent dans les situations de mobilité, l’ouvrage interpelle les capacités de résistance des personnes mobiles à Singapour, Dakar, Bangkok, Amman, Paris ou Mexico. En décryptant les valeurs qui caractérisent les régimes d’(im)mobilités, l’ouvrage débat des injonctions normatives des politiques publiques et des pratiques sociales.

L’originalité de l’ouvrage est de saisir le déploiement de spatialités alternatives et de décrypter comment elles se recomposent entre régimes de sédentarités et de mobilités. Il met en lumière l’importance à pleinement associer la mobilité, avec ses caractéristiques d’éphémérité et de fluidité, dans nos théorisations et nos compréhensions des spatialités. Dans une posture post-structuraliste, l’ouvrage permet d’instaurer la logique du « et » pour concevoir un « entre » les choses et renverser l’ontologie pour réhabiliter le temporaire et la mise en relation par delà la distance dans nos savoirs-faire et savoirs-penser les spatialités et territorialités.

Nadine Cattan est géographe, directrice de Recherche au CNRS, membre de Géographie-cités. Ses recherches visent à comprendre comment la mobilité et l’échange modifient les rapports des sociétés à l’espace. Ses récentes publications sur les dimensions genrée et sexuée contribuent à renouveler les approches sur les dynamiques territoriales et métropolitaines et à permettent un changement radical des catégories de lecture.