parcours du musée de l'histoire de l'immigration

Faisant suite aux importants travaux dans le Palais de la Porte Dorée, le Musée national de l’histoire de l’immigration rouvre sa galerie permanente avec un espace entièrement renouvelé, plus didactique et évolutif intégrant les recherches récentes sur l’immigration en France.
Camille Schmoll, géographe, directrice d’étude à l’EHESS et membre du laboratoire Géographie-cités, est l’une des commissaires scientifiques du projet. Le laboratoire Géographie-cités a pris en charge la partie cartographique de l’exposition permanente, sous la coordination de Françoise Bahoken.

Une nouvelle scénographie

Plus grand que le précédent parcours et plus accessible, notamment au jeune public, le nouveau Musée déroule sur 1800 m² un récit chronologique, thématique et sensible en onze dates clefs, de 1685 à nos jours, avec une dernière section consacrée aux questions contemporaines.

Mêlant documents d’archive, photographies, peintures, sculptures, affiches, parcours de vie, créations artistiques contemporaines et outils de médiations numériques pour tous les âges, le nouveau Musée apporte à chaque visiteur les éléments essentiels pour connaître l’histoire de l’immigration et comprendre qu’elle est une composante indivisible de l’histoire de France.

À partir des collections du Musée – collection Histoire, collection Société et collection d’Art contemporain – et de prêts d’autres institutions, ce sont près de 600 items qui renouvellent à plus de 80 % l’ancien parcours.

11 dates repères pour comprendre l’histoire de l’immigration en France

Plus que jamais en résonance avec les grandes questions qui animent nos sociétés contemporaines, le nouveau Musée a pour ambition de faire de l’histoire de l’immigration un élément central de l’histoire nationale, de participer à la reconnaissance de cette histoire et de nourrir la réflexion.

S’appuyant sur une approche historique à partir de faits migratoires majeurs des trois derniers siècles, la nouvelle exposition opte pour un cheminement chronologique en 11 dates repères qui résonnent avec des temps forts de l’Histoire de France.

 « Ce parcours s’inscrit dans la continuité d’un rapport remis au musée par Patrick Boucheron en 2018, et articulé autour de trois principes : adopter un fil chronologique, non pas comme un chapelet de dates, mais comme la grammaire d’un récit charpenté ; penser la France comme une entité à géométrie variables, dans ses variations géographiques et statutaires ; travailler les circulations migratoires pour éviter de faire de la France un réceptacle (de migrants, de déplacés, de réfugiés…) mais replacer les déplacements humains, dont l’immigration est seulement l’une des composantes, dans un monde en mouvement »
Camille Schmoll

L’immersion débute sous l’Ancien Régime en 1685 – date de la révocation de l’Édit de Nantes et de la promulgation du Code Noir en France – et permet d’aborder au fil des périodes la construction et l’évolution des statuts et des citoyennetés, les mouvements migratoires, l’hospitalité et la xénophobie, l’histoire sociale et culturelle des migrations mais aussi les luttes et les controverses.

Les dates repères qui scandent les différentes sections chronologiques sont l’occasion de raconter un nouveau récit de l’immigration en France – politique, économique, culturelle. Papiers d’identités, photos, objets personnels et de mémoire, documents administratifs, donnés par des immigrés ou par leurs proches, retracent des destins singuliers qui illustrent de manière sensible les soubresauts de l’Histoire.

Enfin, le parcours est jalonné d’œuvres d’artistes contemporains de la collection du Musée permettant une approche réflexive, esthétique et émotionnelle : Kader Attia, Babi Badalov, Lahouari Mohammed Bakir, Pascale Consigny, Claire Fontaine, Samuel Fosso, Mathieu Pernot, Zineb Sedira, Barthelemy Toguo, etc. ainsi que des artistes invités dans le parcours comme Gaëlle Choisne et Valérie Mréjen.

Une équipe d’une douzaine de personnes réunies sous le commissariat général de Sébastien Gökalp, accompagnée par François Héran et par un commissariat scientifique constitué de Marianne Amar, Emmanuel Blanchard, Delphine Diaz et Camille Schmoll, a travaillé à incarner et mettre en exposition aussi bien les notions que les faits ou les témoignages. Pilotés par Emilie Gandon, des tandems associant universitaires et conservateurs ont identifié les items les plus pertinents au sein des collections du Musée et d’autres collections nationales ou fonds d’archives.

Commissariat

Sébastien Gökalp
Commissaire général, directeur du Musée national de l’histoire de l’immigration.

Émilie Gandon
Commissaire exécutive, conservatrice du patrimoine, Musée national de l’histoire de l’immigration.

Marianne Amar
Commissaire scientifique, historienne, cheffe du département de la recherche du Musée national de l’histoire de l’immigration.

Emmanuel Blanchard
Commissaire scientifique, historien et politologue, maître de conférences à l’Université de Versailles- Saint-Quentin et à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, maître de conférence HDR.

Delphine Diaz
Commissaire scientifique, historienne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, membre junior de l’Institut universitaire de France.

Camille Schmoll
Commissaire scientifique, géographe, directrice d’étude à l’EHESS/ laboratoire géographie-cités.

Camille Schmoll est géographe, directrice d’Études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, membre du laboratoire CNRS Géographie-cités, fellow de l’Institut Convergences Migrations et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Elle dirige le Master « Migrations » (EHESS/Université Paris 1).
Spécialiste des migrations contemporaines, ses travaux se consacrent en particulier aux migrations féminines, aux politiques migratoires et à l’espace méditerranéen. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages, parmi lesquels, Migrations en Méditerranée (avec C. Wihtol de Wenden et H. Thiollet, 2015, éditions du CNRS) ; Méditerranée. Des frontières à la dérive (avec N. Bernardie-Tahir, 2020, Le passager clandestin) et Les damnées de la mer. Femmes et frontières en Méditerranée (2020, La Découverte), pour lequel elle a reçu le prix du livre de géographie des lycéens et étudiants.

 Rendez-vous les 17 et 18 juin avec un grand week-end d’ouverture gratuit pour tous !

Palais de la Porte dorée
Musée national de l’histoire de l’immigration
293, avenue Daumesnil – 75012 Paris
www.palais-portedoree.fr