Dates : 2026 – 2028

Responsable du programme au sein de l’UMR : Matthieu Gimat

Membre de l’UMR impliqué.e dans le programme : Natacha Aveline

Équipe de l’UMR impliqué·e : CRIA

Transversalités concernées : Les fabriques de l’urbain : processus, acteurs, pratiques

Noms des institutions partenaires :  National University of Singapore

Responsables du programme en dehors de l’UMR : Sophie Buhnik (ESPI), Marion Ille-Roussel (Université de Lille), Emi Kiyota (National University of Singapore) et Lengleng Thang (National University of Singapore)

Financement : Paris-NUS Partnership 2026

Description : ce projet examine comment les politiques de renouvellement urbain en région parisienne et à Singapour prennent en compte les besoins des personnes âgées vieillissant à domicile dans des quartiers modernistes. Il examine trois questions : comment les expériences et aspirations des personnes âgées sont intégrées dans la conception des projets de renouvellement urbain, comment les acteurs mettent en œuvre ces projets et comment les transformations qui en découlent affectent les résidents âgés.

Ce projet examine comment les politiques de renouvellement urbain en région parisienne et à Singapour prennent en compte les besoins des personnes âgées vieillissant à domicile dans des quartiers modernistes. De nombreux quartiers urbains ont été construits ou reconstruits dans ces deux territoires entre les années 1950 et 1970, selon les principes de l’urbanisme moderne. Ils sont caractérisés par des tours et des barres d’habitation, des plans ouverts, et la séparation des flux piétons et automobiles au moyen d’escaliers, de passerelles et de dalles.

Ces quartiers ont vieilli en même temps que leurs habitants, ce qui donne lieu à d’importantes opérations de renouvellement urbain. À Singapour, le Selective En-bloc Redevelopment Scheme (SERS) et d’autres initiatives mises en œuvre en parallèle intègrent systématiquement la question du vieillissement, notamment à travers la conception universelle, l’amélioration de l’accessibilité et l’intégration d’équipements sociaux, médicaux et récréatifs. À l’inverse, les programmes français de renouvellement urbain, initiés dans le cadre des Grands Projets de Ville puis consolidés sous l’égide de l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU), se sont historiquement concentrés sur la requalification sociale et spatiale, en accordant une attention souvent limitée aux besoins spécifiques des personnes âgées.

L’étude comparative de ces politiques est d’autant plus d’actualité que les deux régions connaissent un vieillissement rapide de leur population : les personnes de 65 ans et plus représentent aujourd’hui 17 % de la population en région parisienne et 20 % à Singapour.

Le projet se situe à la croisée de la gérontologie environnementale, de la conception urbaine inclusive et des politiques d’urbanisme. Il vise à explorer comment les pratiques de renouvellement urbain peuvent soutenir le maintien à domicile, entendu au sens large comme le maintien de l’autonomie et de l’engagement communautaire dans son logement ou son cadre de vie choisi. La recherche examine trois questions interdépendantes : premièrement, comment les expériences et les aspirations des personnes âgées sont intégrées dans la conception et les politiques de renouvellement urbain ; deuxièmement, comment les acteurs mettent en œuvre des interventions combinant adaptation du logement, réaménagement des espaces publics et services sociaux ; et troisièmement, comment ces transformations affectent les résidents âgés, en particulier lorsque des opérations de grande ampleur (démolition, reconstruction, densification) bouleversent leurs routines et leurs réseaux sociaux.

En comparant le cadre de renouvellement urbain singapourien, intégré et prenant en compte le grand âge, avec l’approche française, davantage centrée sur le volet social et urbain, le projet contribue à la compréhension des interactions entre urbanisme, dispositifs de politique publique et expériences vécues des personnes âgées. Il met en lumière à la fois le potentiel et les tensions inhérentes à l’utilisation du renouvellement urbain comme outil de promotion d’environnements favorables au vieillissement.