L’économie sociale et solidaire face au problème immobilier
Acteurs, processus et tensions dans la production de locaux d’activité abordables dans les métropoles françaises
Fanny COTTET soutiendra sa thèse de doctorat en urbanisme et aménagement, intitulée : « L’économie sociale et solidaire face au problème immobilier. Acteurs, processus et tensions dans la production de locaux d’activité abordables dans les métropoles françaises » le
19 décembre 2024
14h
Tiers-lieu Césure
Salle « L’impasse »
13 rue Santeuil
dans le 5e arrondissement de Paris.
Cette thèse a été préparée au sein de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l’École Doctorale de Géographie de Paris (ED434) et du laboratoire Géographie-cités (UMR 8504), sous la direction de Natacha Aveline-Dubach, directrice de recherches au CNRS et de Juliette Maulat, maîtresse de Conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
L’accès à la salle de soutenance se fera à 13h45 pour un démarrage de la soutenance à 14h. La soutenance sera suivie d’un pot.
Afin d’organiser au mieux cet événement (la salle ne contient qu’une quarantaine de places assises), merci d’indiquer votre présence sur ce sondage à la soutenance et/ou au pot de thèse : https://framaforms.org/soutenance-de-these-fanny-cottet-19-decembre-2024-1732561310

Le lieu culturel Mains d’Oeuvres à Saint Ouen, Paris © F. Cottet
Jury
• Joël Idt, Professeur, Université Gustave Eiffel, Lab’URBA — Rapporteur
• Sandra Mallet, Professeure, Université de Reims Champagne-Ardenne, Habiter — Rapporteure
• Olivier Crevoisier, Professeur, Université de Neuchâtel — Examinateur
• Renaud Le Goix, Professeur, Université Paris Cité, UMR Géographie-cités — Examinateur
• Simon Laisney, Directeur Général de la Coopérative Plateau Urbain — Examinateur
• Natacha Aveline-Dubach, Directrice de recherches CNRS, UMR Géographie-cités — Directrice
• Juliette Maulat, Maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Géographie-cités — Directrice
Résumé de la thèse
Face à l’augmentation importante des prix immobiliers dans les métropoles, les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire rencontrent des difficultés croissantes d’accès pérenne à un immobilier abordable. Dans ce contexte, cette thèse examine les conditions d’une production d’offre de locaux d’activité pour ces activités à forte valeur ajoutée sociale, mais à faible valeur économique ajoutée. Elle mobilise une approche d’économie politique et analyse les processus en jeu dans les métropoles de Paris, Lyon et Lille à partir d’un protocole méthodologique croisant une observation participante longue au sein d’une foncière solidaire, un corpus documentaire et des entretiens auprès de gestionnaires de tiers-lieux, d’acteurs de l’ESS, de collectivités locales, d’aménageurs, de foncières solidaires ainsi que d’investisseurs.
La thèse éclaire ainsi les modèles, outils, pratiques et montages immobiliers déployés par les acteurs de l’ESS pour produire des locaux abordables, ainsi que les politiques publiques associées. Ces offres peuvent être des rez-de-chaussée commerciaux, des locaux artisanaux, ou des bureaux partagés. Ils peuvent s’insérer dans des espaces mixtes ouverts au public et les acteurs qui les portent revendiquent parfois l’appellation de tiers-lieux.
La thèse montre comment les acteurs de l’ESS s’organisent pour produire ces offres de locaux d’activité. Ces lieux sont le plus souvent gérés collectivement, et vont parfois jusqu’à s’identifier au mouvement des communs urbains, tentant ainsi de s’extraire du marché immobilier. Ce faisant, ces acteurs contribuent à une mise à l’agenda du problème immobilier de l’ESS dans les politiques publiques et à la mise en œuvre de nouveaux instruments d’action publique aux échelles nationales et métropolitaines. Au-delà du rôle différencié des acteurs publics dans la production d’une offre immobilière pour l’ESS dans les trois métropoles, la thèse documente l’émergence de nouveaux acteurs de l’immobilier – les foncières solidaires – dont le but est l’acquisition et la gestion à long terme d’une diversité d’offres de locaux abordables pour les acteurs de l’ESS. L’analyse montre la diversité des montages immobiliers et financiers des foncières mais également de leurs modèles socio-économiques et de leurs pratiques. Elle montre alors que si ces foncières visent la production de locaux aux loyers abordables, elles sont concernées, du fait de leurs circuits de financement, par des processus de financiarisation discrète. Le poids croissant des acteurs, normes, pratiques et outils de la finance immobilière au sein des foncières a des effets non neutres sur leurs projets.
Cette thèse donne ainsi à voir les tensions inhérentes à la production d’une offre immobilière abordable pour l’ESS dans les métropoles françaises et contribue ainsi, à partir d’un objet spécifique, aux débats de la recherche urbaine sur les mécanismes de production urbaine, les processus de financiarisation, et la difficile construction d’alternatives au marché.

