
Construire sur des déchets ? Extension d’anciennes montagnes de déchets (jabal zbeleh, en arabe) sur la mer à Jdeydeh, en banlieue nord-est de la capitale libanaise, Beyrouth. © KCC, 9 mars 2019
Les remblais littoraux au Liban
Entre dérèglements métaboliques, gestion des crises des déchets et flux de matières extraites
Joëlle ABOU ISSA (Géographie-cités / Laboratoire de Recherche en Architecture, Environnement et Développement Durable de l’Université Libanaise) soutiendra sa thèse de doctorat en géographie, architecture et paysages intitulée « Les remblais littoraux au Liban : Entre dérèglements métaboliques, gestion des crises des déchets et flux de matières extraites » et dirigée par Nada CHBAT et Éric DENIS
Mardi 10 décembre
14h
Centre Sorbonne
Salle Duroselle – Galerie J.B. Dumas
14 rue Cujas
75005 Paris
Pour assister à la soutenance, en présentiel ou en distanciel, et vous joindre au pot qui suivra, merci de remplir ce formulaire dès que possible : https://framaforms.org/soutenance-de-these-joelle-abou-issa-10-decembre-2024-14h-1732287575. Étant donné le nombre limité de places dans la salle et le contrôle à l’entrée pour les personnes extérieures à l’université, une inscription est nécessaire pour pouvoir accéder à l’établissement.
Jury
Nadine CATTAN, Directrice de Recherche au CNRS Laboratoire Géographie-Cités – Membre du jury
Nada CHBAT, Professeure à l’Université Libanaise – Co-Directrice de thèse
Valérie CLERC, Chargée de recherche à l’Institut de Recherche du Développement (IRD) – Membre du jury
Éric DENIS, Directeur de recherche au CNRS Laboratoire Géographie-Cités – Co-Directeur de thèse
Nouha GHOSSEINI, Professeure émérite à l’Université Libanaise – Membre du jury
Joseph MECARSEL, Professeur et doyen de l’Université Antonine – Rapporteur
Roman STADNICKI, Maître de conférences, HDR, à l’Université de Tours – Rapporteur
Résumé
La thèse s’attache à examiner l’économie politique des remblais libanais. Elle vise à mettre en évidence l’articulation étroite entre les dysfonctionnements du système de gestion des déchets et les ambitions urbanistiques des remblais. Ces derniers sont orchestrés par les élites de la scène politique mouvante depuis l’avant-guerre civile jusqu’à l’époque contemporaine. Elle retrace la transformation de quatre décharges côtières (jabal zbéleh) en remblais : celles du centre-ville de Beyrouth, de Saïda, de Borj-Hammoud/Jdeydeh et de Costa-Brava. Ces sites ont capitalisé, à des temporalités différentes, sur la disponibilité des déchets et des déblais résultant des dérèglements métaboliques liés aux guerres. Ils ont été confrontés à des impasses politico-économiques ou techniques, et dans certains cas, ne sont pas, à ce jour, achevés ou valorisés au niveau attendu.
Par une approche matérielle, cette recherche se concentre sur la circulation rentable des déchets via les remblais, ainsi qu’en amont des grands projets. Elle démontre leur capacité à créer et à transformer des territoires, ainsi qu’à influencer l’imaginaire des acteurs urbains. Elle examine également le potentiel souvent sous-estimé de la circulation des matériaux de construction autour des remblais. Voir à travers les matières et leurs circulations dynamiques à travers les chantiers est un outil précieux croisé avec d’autres dispositifs méthodologiques pour étudier la matérialité des remblais.
Les résultats rendent intelligibles les coalitions d’acteurs en jeu entre le politique et l’économique. Ils renforcent l’idée selon laquelle la finalité des remblais ne provenant pas, voire rarement, de la vente ou de l’exploitation immobilière qu’ils génèrent, réside, avant tout, dans la circulation et la capture des flux de matières, afin de générer des revenus et des bénéfices privés.

