Produire du « partage » dans le logement collectif privé. Dispositifs spatiaux et stratégies des professionnels de la production immobilière et urbaine
Sonia DINH (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Géographie-cités) soutiendra sa thèse de doctorat préparée au sein de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l’École Doctorale de Géographie de Paris (ED434) et du laboratoire Géographie-cités (UMR 8504) sous la direction de Sylvie Fol, Professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Marie-Pierre Lefeuvre, Professeure à l’Université de Tours.
Jeudi 10 juillet
à 14 heures
Salle 50
Centre des Colloques
Campus Condorcet
Place du Front Populaire
93 322 Aubervilliers Cedex
La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié·es. La capacité de la salle étant restreinte, merci d’indiquer votre présence à la soutenance et/ou au pot de thèse sur ce sondage.
Jury
Loïc Bonneval, Maître de conférences HDR, Université Lumière Lyon 2 – Examinateur
Eric Denis, Directeur de recherche CNRS – Examinateur
Sylvie Fol, Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Directrice de la thèse
Marie-Pierre Lefeuvre, Professeure, Université de Tours – Directrice de la thèse
Romain Melot, Directeur de recherche INRAE – Rapporteur
Julie Pollard, Maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne – Examinatrice
Flore Trautmann, co-directrice, Le Sens de la Ville – Membre invitée
Jodelle Zetlaoui-Léger, Professeure, ENSA Paris La Villette – Rapportrice
Résumé de la thèse
Équipements intégrés dans la Cité Radieuse de Le Corbusier, locaux communs résidentiels dans les années 1960 ou salles communes dans l’habitat participatif sont autant d’exemples d’espaces communs intégrés au logement collectif. Alors que les logements produits par la promotion privée sont aujourd’hui critiqués pour leur piètre qualité (réduction des surfaces communes, petite taille des logements, diminution de la hauteur sous plafond), cette thèse analyse le regain d’intérêt porté aux espaces dits « partagés ». À partir d’une enquête ethnographique au sein d’un cabinet de conseil en urbanisme, ces « espaces partagés » – potagers collectifs, chambres d’amis ou locaux communs – sont analysés comme une catégorie de l’action des professionnels de la production urbaine et immobilière. Après avoir objectivé et défini cette catégorie comme un dispositif spatial d’un nouveau type, entre optimisation par la mise en commun et attention portée à la dynamique collective, cette thèse examine la mise en œuvre de ces espaces, à partir de deux études de cas à Nantes et à La Rochelle.
La genèse des « espaces partagés » s’inscrit à la convergence entre demande publique des aménageurs, dans le cadre de projets en ZAC, et stratégies des entreprises de promotion. L’analyse de la conception des « espaces partagés » et de l’anticipation de leur gestion, révèle l’existence d’une ingénierie spécialisée (consultants, accompagnateurs du « partage »). Les « espaces partagés » sont ainsi le support de nouvelles offres immobilières et de nouvelles prestations de services. Cette thèse pointe également les effets des injonctions des professionnels sur le fonctionnement ordinaire du logement collectif et de la ville, sur les pratiques habitant·es, entre participation et mise au travail. La thèse montre comment se diffusent des logiques participatives, énoncées comme un objectif commun, et comment s’y adossent et s’y articulent des logiques gestionnaires et entrepreneuriales, et ce, à différentes échelles.

Un potager conçu pour être partagé dans une résidence nantaise, Ile de Nantes, avril 2021. S. © Dinh, 2021

