Aider son Monde. Géographie politique de l’action et des représentations des ONG françaises de développement
Thomas Rosenthal (Université Panthéon-Sorbonne Paris 1 / UMR Géographie-cités) soutiendra sa thèse en géographie, intitulée « Aider son Monde. Géographie politique de l’action et des représentations des ONG françaises de développement« , dirigée par Clarisse Didelon-Loiseau
Mardi 13 octobre
9h00
Salle à la Fresque de la Sorbonne
1, rue Victor Cousin
75005 Paris
L’accès à La Sorbonne étant restreint et afin d’organiser au mieux cet évènement, merci de remplir ce formulaire si vous voulez y assister.
Jury
– Emmanuel Bioteau, Professeur des universités, Université d’Angers – Examinateur
– Arnaud Brennetot, Professeur des universités, Université de Rouen Normandie – Rapporteur
– Clarisse Didelon-Loiseau, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Directrice de la thèse
– Catherine Fournet-Guérin, Professeure des universités, Sorbonne Université – Examinatrice
– Virginie Mamadouh, Associate Professor, University of Amsterdam – Examinatrice
– Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Directeur de recherche, Institut de Recherche pour le Développement – Rapporteur
Résumé de la thèse
Le propos de cette thèse est d’éprouver la notion du Monde à l’aune de l’étude des représentations et des pratiques spatiales des Organisations Non Gouvernementales (ONG) françaises de développement. Cette notion, élaborée en géographie francophone dans les années 1990 et 2000, permet d’envisager l’existence d’un territoire-Monde qui permettrait de dépasser le cadre étatique pour penser l’action politique. Une approche par les représentations et les pratiques spatiales des ONG françaises de développement permet ainsi d’étudier la possibilité pour des acteurs non-étatiques, engagés dans la réponse à des causes politiques d’échelle mondiale, de dépasser le cadre étatique pour intervenir au plus près des besoins des populations les plus défavorisées du Monde.
À partir du croisement de méthodes qualitatives (entretiens, analyse de documents institutionnels) et de traitements statistiques, il s’agit d’explorer les représentations du Monde de 27 ONG françaises de développement, ainsi que leurs géographies d’interventions, qui sont théoriquement guidées par des valeurs de solidarité et la réponse aux besoins fondamentaux. Alors que l’aide internationale traverse actuellement une importante crise caractérisée par une baisse des financements publics et des difficultés croissantes d’accès aux terrains, la thèse interroge plus largement la notion de Monde, dans une approche postcoloniale, pour l’étude d’acteurs politiques.
L’étude des représentations souligne l’usage de la catégorie de Monde comme un outil marketing utilisé par les ONG françaises de développement afin d’asseoir une figure d’acteur-expert. L’entrée par les pratiques spatiales montre la centralité du cadre étatique dans leur travail : elles reproduisent le découpage du Monde en États dans la conception et la mise en œuvre de leurs actions d’aide, et leur nationalité française structure leurs possibilités de financement et la géographie de leurs interventions.
Les ONG se sont de fait insérées depuis les décolonisations au sein d’un système d’aide internationale organisé par et pour les États : cette thèse montre ainsi que le cadre étatique verrouille politiquement le Monde. Elle invite également à réinvestir en géographie l’étude des organisations de la société civile, afin de mieux apprécier les dynamiques spatiales contemporaines de l’action pour l’intérêt général.

