L’ampleur du défi du logement urbain au XXIe siècle a conduit les acteurs étatiques, tant dans les pays du Nord que du Sud, à adopter des approches de plus en plus interventionnistes en matière de production de logements dits « abordables ». S’appuyant sur des recherches menées dans six villes — Shanghai, Nairobi, Paris, Casablanca, Salford et Rome — cet article cosigné par Antoine Gosnet, examine l’évolution des relations entre logement, finance et État dans une perspective comparative globale.
L’article mobilise une approche centrée sur les pratiques de gouvernement urbain (urban statecraft) afin d’analyser la production de logements abordables comme un espace à travers lequel les acteurs étatiques s’engagent, à des degrés variables, dans des processus de financiarisation, entraînant simultanément une reconfiguration de l’État lui-même.
À partir de cette comparaison exploratoire, l’article identifie trois dimensions du statecraft permettant d’analyser la production de logements abordables pilotée par l’État : les motivations de l’intervention publique ; les formes d’innovation financière et institutionnelle mises en œuvre par les décideurs ; et les stratégies visant à redistribuer et à atténuer les risques associés aux processus de financiarisation.
En proposant ces trois dimensions, la contribution centrale de l’article consiste à établir un cadre analytique destiné à soutenir de futures recherches empiriques sur les géographies inégales des relations entre État, logement et finance à l’échelle mondiale.
Tom Gillespie, Glyn Williams, Raffael Beier, Antoine Gosnet, Margherita Grazioli, et al.. Affordable housing, finance and the state: Towards a global urban comparison. Urban Studies, 2026, ⟨10.1177/00420980261436336⟩. ⟨halshs-05595452⟩
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