Cet ouvrage de Sarah Jean-Jacques explore la place des lesbiennes dans la ville à partir de leurs expériences vécues à Paris.
À Paris, le « droit à la ville » s’impose comme un principe majeur des politiques urbaines, censé garantir à toutes et tous un égal accès aux espaces publics. Mais qu’en est-il de celles dont la présence demeure socialement contestée ?
Cet ouvrage explore la place des lesbiennes dans la ville à partir de leurs expériences vécues à Paris. Qu’elles circulent seules ou en couple, celles qui sont perçues comme lesbiennes – notamment par des hommes hétérosexuels – sont confrontées à des formes spécifiques de harcèlement au quotidien.
En proposant un éclairage sociologique inédit sur la lesbophobie, cette enquête montre comment celle-ci fragilise leur légitimité à occuper l’espace urbain, tout en les exposant à des formes de déni et de violence. Pour y faire face, les lesbiennes développent des stratégies d’ajustement, de véritables savoir-faire qui leur permettent de négocier leur présence dans la ville malgré les contraintes qui pèsent sur elles. Ces pratiques révèlent ainsi une tension constante entre visibilité et dissimulation de l’orientation sexuelle, au sein d’un environnement profondément structuré par l’hétéronormativité.
Sarah Jean-Jacques. Des lesbiennes dans la ville. Presses universitaires de France, 2026, 22 €
Sarah Jean-Jacques est sociologue, chercheuse associée au laboratoire architecture anthropologie (ENSA Paris-La Villette), associée jeune docteure de l’UMR Géographie-cités et cofondatrice de l’Observatoire de la lesbophobie. Elle a publié, avec Sophie Pointurier, Le Déni lesbien. Celles que la société met à la marge (HarperCollins, 2024).
Elle a soutenu sa thèse, menée sous la codirection de Nadine Cattan et intitulée : « Des lesbiennes dans la ville : entre visibilité et invisibilisation. Expériences et pratiques des espaces publics à Paris », en décembre 2023. Elle a été lauréate du Prix de Thèse 2024 de l’Institut du Genre.
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