Les ressorts de la migration d’exilé·es LGBT+ ayant demandé l’asile en France

Cet article de Florent Chossière, chercheur postdoctoral à l’UMR Géographie-Cités, vise à mettre en lumière les ressorts multiples de la migration de personnes ayant demandé l’asile en France au motif de persécutions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. 

Résumé

Depuis une vingtaine d’années, les réfugié·es LGBT+ ont fait l’objet d’une attention institutionnelle et académiques croissante, ayant notamment conduit à analyser leur réception au sein du système d’asile des pays occidentaux. Toutefois, les configurations particulières de leur migration restent encore peu connues. L’objectif de cet article est de mettre en lumière les ressorts multiples de la migration de personnes ayant demandé l’asile en France au motif de persécutions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

En s’appuyant sur une enquête ethnographique menée en région parisienne et sur des entretiens, l’article invite à aller au-delà d’une explication de la migration qui s’en tiendrait à une simple causalité mécanique générée par les expériences de persécutions. En dépliant les processus qui expliquent quand, pourquoi et comment la migration devient une solution envisagée et réalisable pour réagir aux persécutions, le texte montre la nécessité de réinsérer les expériences de persécutions dans un faisceau plus large de facteurs pour comprendre la mise en mouvement et de mettre en perspective cette articulation à l’aune des trajectoires biographiques et des positions sociales des individus. Ce faisant, l’article permet également de souligner l’hétérogénéité des parcours et les inégalités qui se jouent dans la négociation des persécutions et l’accès à la migration.

[…] Il apparait que les persécutions ne peuvent suffire à elles seules à expliquer la migration Plus exactement, il est nécessaire de les articuler avec d’autres dimensions de l’expérience des individus pour comprendre le processus d’enclenchement de la migration en réaction à ces persécutions. Le schéma suivant (figure 2) synthétise les déterminants de la migration et leur interaction. Il permet ainsi de reconstituer des configurations variées de causalités permettant d’expliquer le départ du pays d’origine de personnes LGBT+ ayant demandé l’asile en France, qui varient d’une personne à l’autre.

Figure 2 : Multiplicité et interactions des déterminants de la migration d’exilé·es LGBT+

Florent Chossière, « Faire face aux persécutions et partir : les ressorts de la migration d’exilé·es LGBT+ ayant demandé l’asile en France », Espace populations sociétés [En ligne], 2025/3-2026/1 | 2026, mis en ligne le 01 juillet 2026, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/eps/17316 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16pdg

Florent Chossière est géographe, actuellement chercheur postdoctoral CNRS à Géographie-Cités. Il est chercheur associé à l’Institut Convergences Migrations du CNRS ainsi qu’au Laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs à l’Université Gustave Eiffel.
Avant cela, il a occupé pendant deux ans le poste de coordinateur scientifique et chercheur postdoctoral à l’Institut Convergences Migrations. Ses recherches articulent la géographie des migrations et la géographie du genre et des sexualités avec une spécialisation sur la thématique des réfugié·es LGBT+ à laquelle il a consacré sa thèse : “Minorités sexuelles et de genre en exil : l’expérience minoritaire à l’épreuve de la migration et de la demande d’asile en France“, soutenue en 2022 à l’Université Gustave Eiffel. Il a co-dirigé avec Marlène Bouvet, Marine Duc et Estelle Fisson l’ouvrage Catégoriser. Lexique de la construction sociale des différences paru en 2024 chez ENS Editions.

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