Alors que les politiques douanières de l’administration Trump inquiètent les entreprises et semblent remettre en cause la poursuite du commerce maritime international dans les proportions qu’on lui connait, Migreurop, l’Atlas de Migreurop sur les libertés de circulation invite à se pencher sur la mobilité des travailleurs de la mer à travers la carte intitulée « (im)ports (ex)ports » de Françoise Bahoken, chercheure associée à Géographie-cités et Nicolas Lambert, ingénieur de recherche au CNRS. Cette carte, qui mobilise la superbe projection de Athelstan Frederick Spilhaus (1942), illustre les grandes voies de navigation mondiales et le débit effréné de marchandises dans les 120 premiers ports mondiaux.  

Plusieurs partis pris s’articulent pour concevoir la cartographie persistante des circulations maritimes observées pendant la pandémie de 2020. La cartographie des mouvements maritimes s’intéresse aux marges de l’espace d’étude à savoir les ports, plus qu’à son centre qui est, ici, le lieu de croisement des différentes voies – cela à l’inverse de celle des mouvements terrestres. C’est pourquoi il est intéressant d’utiliser des projections cartographiques alternatives, qui permettent de représenter plus efficacement ces flux. D’une part, parce qu’elles font la part belle à l’espace maritime qui est la zone d’intérêt de ces mouvements, de l’autre parce qu’elles modifient la vision cardinale usuelle du monde, celle européo-centrée, en ôtant au Nord sa position sommitale.

Pour aller plus loin

Françoise Bahoken. (im)ports (ex)ports pendant la pandémie de 2020. Carnet (neo)cartographique, 2 mai 2025.

Flécher, C., Bahoken, F. et Lambert, N. (2022). Flux must go on ! La circulation en trompe l’œil des marins de commerce. Dans . Migreurop et S. Casella Colombeau Atlas des migrations dans le monde : Libertés de circulation, frontières et inégalités (p. 82-83). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.migre.2022.01.0082.

Françoise BahokenFrançoise Bahoken est chercheuse en Géographie à l’Université Gustave Eiffel (ex. IFSTTAR), depuis 2016. Elle a soutenu en janvier 2016 une thèse de doctorat en géographie/sciences des territoires réalisée à l’UMR Géographie-Cités/équipe PARIS, en marge d’une activité professionnelle d’Ingénieure d’Études en cartographie.
Elle s’intéresse aux aspects théoriques et méthodologiques de la construction cartographique des flux et des mouvements observés dans l’espace géographique. Sa démarche s’inscrit dans une approche critique déconstructionniste de la cartographie statistique (thématique), en particulier de celle qui relève de phénomènes internationaux mondiaux. Elle participe au développement d’outils innovants d’analyse et de géo visualisation des interactions territoriales par des flux origine-destination (voir notamment arabesque), de type migratoires en particulier (voir notamment MigrExplorer).

 

L’Atlas des migrations dans le monde, Migreurop, Libertés de circulation, frontières et inégalités, est disponible dans toutes les bonnes librairies ou sur le site de la librairie Dunod.