L’aménagement du corridor économique de l’Est en Thaïlande

Dans ce chapitre du livre : « Lire la ville, éclairer la métropolisation depuis l’Asie du Sud-Est »,  édité par l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine, Adèle Esposito-Andujar, chercheure à Géographie-cités, examine les pratiques qui permettent d’inscrire, voire de dissimuler, les acteurs et les sources du financement transnational chinois dans l’aménagement de l’Eastern Economic Corridor (EEC).

En dépit de manifestations variées d’une large dépendance économique vis-à-vis de l’étranger, les élites thaïlandaises développent des pratiques qui permettent d’intégrer les apports chinois dans des programmes d’aménagement dont la dimension nationale est fortement revendiquée. Ces pratiques tendent à amenuiser, voire à dissimuler, l’implication des acteurs et sources de financement chinois. Elles rendent compte de la mise en tension entre deux volontés géopolitiques : d’un côté, l’intégration de la Thaïlande dans des initiatives de coopération portées par la Chine, véhicules d’investissements et de prêts et, de l’autre, la (re)affirmation de la propriété nationale thaïlandaise des programmes de développement, parmi lesquels l’EEC.
En filigrane, ces pratiques attribuent aux élites thaïlandaises – hauts représentants des autorités publiques et grandes entreprises publiques et privées, formant entre eux des alliances – un rôle de maîtrise et de contrôle sur les processus de développement national et l’aménagement territorial, même si les deux sont alimentés par des investissements étrangers et sont
entrepris dans un contexte d’internationalisation.

Intérieur d'un magasin vendant des produits chinois de première nécessité à TC Town

Intérieur d’un magasin vendant des produits chinois de première nécessité à TC Town © Esposito-Andujar, 2023

Esposito-Andujar, Adèle. « Les pratiques de dissimulation des transferts chinois : l’aménagement du corridor économique de l’Est en Thaïlande ». Lire la ville, éclairer la métropolisation depuis l’Asie du Sud-
Est, édité par Manuelle Franck et al., Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine, 2024, https://doi.org/10.4000/121×1.

 

1ère de couvertureLire la ville, éclairer la métropolisation depuis l’Asie du Sud-Est

Sous la direction de Manuelle Franck, Nathalie Lancret et Thierry Sanjuan

Cet ouvrage explore la thématique de l’urbain à partir d’exemples sud-est asiatiques. Il est conçu comme un hommage à Charles Goldblum, Architecte, urbaniste et enseignant-chercheur dont les travaux pionniers ont marqué le champ de la recherche architecturale et urbaine. Une première partie explore son itinéraire scientifique et intellectuel, une seconde prend pour angle d’analyse les éléments constitutifs de la ville, la troisième partie aborde le thème de la métropolisation.

Franck, Manuelle, et al., éditeurs. Lire la ville, éclairer la métropolisation depuis l’Asie du Sud-Est. Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine, 2024, https://doi.org/10.4000/121×7.

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Adèle EspositoChargée de recherche au CNRS depuis 2014, les recherches de Adèle ESPOSITO ANDUJAR portent sur le développement des villes secondaires et sites urbains émergents en Asie du Sud-Est, au prisme de trois vecteurs de leur internationalisation : les investissements et les aides étrangères, les grands projets d’infrastructure et les programmes pour la conservation du patrimoine.
Depuis 2020, Adèle Esposito Andujar coordonne un programme de recherche (VinoRosa) qui examine le rôle de la coopération et des investissements chinois dans la production urbaine en Asie du Sud-Est à l’heure de la Belt and Road Initiative. Depuis 2022, elle est également responsable d’un réseau de recherche international sur les patrimoines urbains ordinaires (CREMA), qui s’articule à un dispositif de formation à la recherche doctorale (UTAB).