Comment parler de migrations ? Au travers de ses travaux, la géographe Camille Schmoll développe une « géographie morale des mobilités », qui postule que, selon le corps qui se déplace, son origine, sa classe, son genre, sa nationalité, le même acte de bouger dans l’espace est célébré ou stigmatisé. Au cours d’un entretien avec Raphaël Bourgois le 10 avril 2026, Camille Schmoll mobilise des phénomènes habituellement traités séparément – la migration, le tourisme, les Gilets jaunes, les réfugiées ukrainiennes, les migrants climatiques – pour témoigner de la portée politique, sociale et surtout intersectionnelle de ces questions d’occupation de l’espace.

Les Damnées de la mer (La Découverte, 2020), proposait déjà une ethnographie des femmes migrantes venues d’Afrique subsaharienne et du Maghreb.
Dans Chacun sa place (CNRS éditions, 2026), Camille Schmoll prolonge cette réflexion et interroge la notion de « place » – à la fois position sociale, droit et capacité à se déplacer.

Loin d’être un simple enjeu géographique, la mobilité apparaît au cours de cet entretien comme un enjeu moral et politique, au cœur des transformations du monde contemporain.

Camille SchmollCamille Schmoll est une géographe française, spécialiste des questions de genre et de migrations.
Elle est directrice d’études à l’EHESS et autrice d’une trentaine de publications, dont une dizaine d’ouvrages, traduits en italien, anglais, espagnol et arabe. Depuis 2015, elle est membre Junior de l’Institut universitaire de France.

Visionner la video de l’entretien sur Cairn.info.
En collaboration avec CNRS Éditions
Durée : 89 minutes