
Un projet de recherche développé dans le cadre du consortium MaMa
La contribution de Géographie-cités au programme MAMA se caractérise par une entrée par les territoires et les mobilités. L’équipe explore les dimensions spatiales du phénomène pandémique, en analysant les mobilités des populations, leurs déplacements à plus ou moins longue distance, dans différentes temporalités (avant, pendant et après les périodes de confinement) et dans une dimension comparative et internationale (divers contextes territoriaux et urbains seront appréhendés).
Cette proposition s’inscrit dans les axes proposés par le programme MAMA , enquête multidimensionnelle sur les ajustements, les dynamiques et les réorganisations provoquées par la pandémie de Covid19, intitulée Du Monde d’Avant au Monde d’Après (2021-2024), développée par l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS (dotation MESRI). En analysant les changements des territoires sous les effets de la crise sanitaire, il s’agit de mesurer quantitativement et d’évaluer qualitativement les représentations et comportements des populations suite à l’émergence de l’épidémie, à travers le prisme de leurs mobilités, tant au sein des villes (échelle intra-urbaine) qu’entre elles (échelle interurbaine), ainsi qu’entre les espaces urbains et ruraux. Les analyses portent principalement sur les mobilités quotidiennes des populations, leurs capacités et modalités d’adaptation à la crise et la réorganisation socio-spatiale des territoires que ces mobilités reflètent et alimentent. Elles abordent aussi les mobilités associées à l’approvisionnement, alimentaire en particulier, que la pandémie a contribué à réorganiser – il s’agira ici de mesurer l’impact à plus long terme de ces transformations. Les mobilités résidentielles pendant et après la crise sont également considérées, soit directement au travers d’information qualitatives recueillies via des enquêtes, soit plus indirectement au travers de l’évolution des pratiques spatiales quotidiennes.
L’observation fine des changements de trajectoires de mobilités induites par la pandémie permettra de révéler de nouvelles structures territoriales associées aux nouvelles pratiques pendant ou après la pandémie en fonction de critères de limitations différents (par exemple modifications des trajets domicile-travail, fermeture des universités, limitation des activités de loisirs, changement de résidence, etc.). Elle permettra aussi d’explorer les effets sur les territoires des logiques de relocalisation des individus non seulement pour questionner sous un angle épidémiologique le rôle des mobilités des populations dans la diffusion du virus mais aussi pour mieux intégrer les mobilités dans la gestion des risques infectieux. Enfin, tout un volet de cette étude concerne la gestion des mobilités et de l’approvisionnement par les acteurs du transport et les pouvoirs publics : l’idée est d’investir les questions de gouvernance de la crise sanitaire et l’adaptation tactique et stratégique des politiques urbaines et d’aménagement à l’évolution des mobilités, des pratiques du territoire et des contraintes d’approvisionnement.
L‘équipe mobilise diverses données (eg. données Facebook Data for Good, données d’enquêtes publiques sur les déplacements, enquêtes auprès des populations, entretiens auprès des gestionnaires des transports et des acteurs de l’approvisionnement) qu’elle analyse avec diverses méthodes quantitatives (analyse statistique et modélisation) et qualitatives.
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