Doctoriales de Géographie-cités 2026
Appel à communications
Ouvert jusqu’au 12 juin 2026
Après le succès des doctoriales l’année dernière, les doctorant·es de Géographies-cités organisent une seconde édition qui se tiendra le 11 septembre 2026 au campus Condorcet, à l’auditorium de l’Humathèque. La rencontre a pour objectif de permettre aux jeunes doctorant·es du laboratoire de venir présenter leurs travaux, à tous stades d’avancement de la thèse. L’édition de cette année portera sur la question des rapports de pouvoir et de domination en géographie sous différents angles : thématiques, méthodologiques et éthiques.
Les présentations dureront 30 minutes, dont 10 minutes minimum accordées à la discussion. Celle-ci sera assurée par un binôme de discutant·es composé d’un·e doctorant·e et d’un·e jeune docteur·e/titulaire.
Vous pouvez proposer une présentation par mail en envoyant votre titre et un résumé (paragraphe de 200 mots environ) de votre intervention ainsi que l’axe dans lequel vous souhaitez vous intégrer à l’adresse suivante : lucie.jaouen@parisgeo.cnrs.fr
Axe 1 : Travailler sur les luttes de pouvoir dans l’espace
La géographie humaine s’est dotée d’un ensemble de techniques, parfois importées de la sociologie, de l’anthropologie ou de la science politique, mais aussi inventées par les géographes elleux-mêmes, pour analyser les relations de pouvoir. L’analyse de la spatialité des dominations, des luttes, et des résistances pose un ensemble d’enjeux théoriques. Comment l’exercice du pouvoir se manifeste-t-il à l’échelle des individus, des institutions, des territoires ? Comment mettre en regard plusieurs échelles d’analyse des luttes de pouvoir et des injustices en se saisissant d’une variété d’objets géographiques, allant des espaces domestiques aux conflits interétatiques ? Ces questions sont d’autant plus pertinentes lorsqu’elles sont mises en regard avec des enjeux de réflexivité. La subjectivité et la sensibilité politique du·de la chercheur·euse est à intégrer dans le jeu d’acteur·ices de l’enquête. S’intégrer dans les luttes de pouvoir qu’on cherche à décrire, assumer son propre militantisme, et affronter les élites sur lesquelles on enquête, autant de dilemmes à objectiver.
Axe 2 : Étudier avec/sur les populations dites vulnérables
La question des relations de pouvoir et de domination se pose aussi à l’échelle de l’enquêteur·ice, notamment lorsque son objet d’étude le·a confronte à des populations dites vulnérables sur le plan économique, social ou encore médical. Cette situation implique un certain nombre d’enjeux liés, d’une part, à la position du ou de la chercheur·euse sur le terrain, et d’autre part à l’élaboration ou aux réajustements d’un protocole adapté aux enquêté·es vulnérables. Comment garantir le consentement éclairé des enquêté·es, notamment auprès des publics les plus précarisés ? Quels moyens l’enquêteur·ice peut-il·elle mobiliser pour créer la confiance ? Quelle(s) méthodologie(s) alternative(s) pour recueillir cette parole et la restituer ? Quelle place accorder à la réflexivité ? De plus, ces dernières années, les enjeux de protection des données se sont imposés dans la recherche en sciences sociales par le renforcement d’un cadre légal et éthique autour de la loi RGPD, qui transforme les pratiques de recherche, particulièrement pour les travaux qui récoltent des données sensibles liées aux populations dites vulnérables. Ces mutations soulèvent des défis et des questionnements pratiques et critiques qui pourront aussi être évoqués dans cet axe.
Axe 3 : Questions de pouvoir et données géospatiales
La manipulation des données géospatiales fait partie du quotidien des géographes. L’accès à des données massives et la généralisation de méthodes statistiques et de modélisation avancées en géographie posent des questions techniques mais également politiques, aujourd’hui inévitables dans la mise en place d’un protocole de recherche. Les conditions de production des jeux de données (commanditaires ? propriétaires ?), le niveau de confidentialité (anonymisation ? données individuelles ou agrégées ?), mais aussi les usages de ces données sont sujets à des relations de pouvoir. Des domaines comme les SIG critiques ou les études des sciences et techniques questionnent la production et la circulation des données géospatiales. Par ailleurs, nous assistons à un élargissement du répertoire d’usage de ces techniques, aujourd’hui mobilisées pour objectiver les inégalités. Nous invitons dans ce cadre les doctorant·es qui le souhaitent et qui pratiquent la production, l’analyse et/ou la visualisation de données à questionner par ce biais leurs pratiques de recherche.

