Les villes désindustrialisées, héritières de « déchets urbains », présentent une opportunité de reconversion des quartiers paupérisés, comme ce fut le cas sur l’île de Nantes et des Docks-de-Seine de Saint-Ouen. Le projet architectural choisit alors de réutiliser les traces de ces infrastructures, comme en témoigne Varvara Toura , enseignante- chercheuse en urbanisme et aménagement, architecte-urbaniste, docteure en études urbaines dans un article publié dans Métropolitiques.
Cet article sur la transformation d’anciennes zones industrielles en écoquartiers s’appuie pour partie sur la thèse de doctorat réalisée par l’auteure à l’EHESS au sein de l’UMR Géographie-cités sous la direction de Marie‑Vic Ozouf‑Marignier, directrice d’études (EHESS / Géographie-cités), ainsi que sur un travail de terrain réalisé à Nantes et à Saint‑Ouen en France.
Extrait
Quelles sont les conditions politiques, économiques et sociales nécessaires à la reconversion des déchets industriels en ressources ? L’analyse des deux cas montre que le contexte local joue un rôle déterminant. Le contexte politique stable, notamment à Nantes, a favorisé une gouvernance locale capable de porter des projets sur le long terme. L’implication active des associations locales a joué un rôle clé dans la mobilisation citoyenne. Les débats ouverts entre habitants, élus et aménageurs ont permis d’intégrer des préoccupations sociales et environnementales dans les plans de reconversion. Enfin, des conditions de financement favorables, qu’il s’agisse de subventions publiques ou de partenariats public-privé, ont rendu possible la mise en œuvre concrète de ces transformations. Les caractéristiques propres à chaque projet ont également contribué à modifier la structure socio-économique des villes .

L’usine de la Compagnie parisienne de chauffage urbain sur le site des Docks, convertie en « éco-industrie » (Saint-Ouen, 2019)
© Varvara Toura, 2019.
Varvara Toura, « Recyclage des friches industrielles et reconversion des « déchets urbains » », Métropolitiques , 10 avril 2026. DOI : https://doi.org/10.56698/metropolitiques.2280

