Laetitia Verhaeghe soutiendra sa thèse le 16 décembre 2021Quelles perspectives pour le métabolisme ?

Laetitia Verhaeghe, doctorante en CIFRE, Sol et Civilisation, équipe CRIA à l’UMR Géographie-cités, soutiendra sa thèse :

« Renouvellement des relations villes-campagnes et transition socio-écologique : quelles perspectives pour le métabolisme ? »

Jeudi 16 décembre à 14h

Centre des colloques
salle 100 (rez-de-chaussée)
Campus Condorcet
(Place Front Populaire, 93322 Aubervilliers, voir le plan d’accès en pièce jointe)

Composition du jury :

Sabine Barles, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon (Directrice de thèse),

Laurence Barthe, Maîtresse de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès (Examinatrice),

Antoine Brès, Docteur/HDR, UMR Géographie-Cités (Directeur de thèse),

Nicolas Buclet, Professeur des universités, Université Grenoble Alpes (Examinateur),

Yuna Chiffoleau, Directrice de recherche, INRAE (Rapportrice),

Guillaume Dherissard, Directeur Fermes de Figeac (Invité),

Marc Dumont, Professeur des universités, Université de Lille (Rapporteur).

La soutenance pourra être suivie en visioconférence. Merci de préciser dans ce formulaire si vous souhaitez y assister en présentiel ou en visioconférence (le lien de la visioconférence vous sera communiqué par la suite par mail).

Résumé

Les conséquences du régime socio-écologique industriel sur le climat et la biosphère sont connus depuis de nombreuses années et ont été rappelées au cours de l’été 2021 au sein du dernier rapport du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC). Pour maintenir les conditions qui permettent aux êtres humains de vivre, il est nécessaire d’engager une transition socio-écologique dont l’objectif serait de rendre compatible le fonctionnement des sociétés avec celui de la biosphère. Sa mise en œuvre fait l’objet de différents scénarios. Parmi ces derniers, plusieurs auteurs esquissent celui d’une relation renouvelée entre villes et campagnes qui permettrait de maîtriser les flux matériels et énergétiques.

Si nous constatons un contexte favorable au développement de ces relations villes-campagnes par les acteurs locaux en France, son effectivité et sa contribution à la mise en œuvre de la transition socio-écologique restent à appréhender, c’est ce à quoi s’attèle cette thèse. En portant notre attention sur les flux de matières et d’énergie, et en ancrant notre travail dans le champ de l’écologie territoriale, nous proposons une approche renouvelée de l’étude de ces relations villes-campagnes matérielles et énergétiques via la notion de métabolisme territorial. Deux échelles d’analyses sont mobilisées dans lesquelles différents matériaux de recherche ont été collectés. À l’échelle nationale, nous avons constitué et analysé un corpus de 2 641 documents, puis défini une typologie des relations villes-campagnes métaboliques. A l’échelle locale, nous avons étudié trois de ces relations en réalisant des entretiens avec les parties prenantes et en analysant les documents de projets associés.

A la lumière de ce travail, les relations villes-campagnes métaboliques n’apparaissent pas comme une modalité d’action dominante pour les acteurs locaux en réponse aux enjeux de la transition socio-écologique. De plus, la majorité de ces relations répondent aux besoins des villes et peu se matérialisent sous la forme d’un mutualisme, c’est-à-dire d’une mobilisation conjointe des ressources renouvelables des villes et des campagnes pour satisfaire leurs besoins. Enfin, les relations villes-campagnes métaboliques ne contribuent qu’à la marge à la transformation du métabolisme territorial. Loin d’observer un chemin vers la transition socio-écologique selon ces relations villes-campagnes métaboliques, nous observons plutôt la résistance et la permanence du régime socio-écologique industriel.