Affiche de l’exposition « Produire à Rome », par l’Union des industriels de Rome (1985)

Affiche de l’exposition « Produire à Rome », par l’Union des industriels de Rome (1985) – Source : Rivière 1990, repris dans Bernadou 2019.

Alors que le Jubilé a pris fin, Dominique Rivière (Université Paris Cité / Géographie-cités) tempère l’image de Rome comme ville improductive. Rappelant son histoire industrielle écrasée par la dimension patrimoniale évidente de la Ville éternelle, l’autrice invite aussi à considérer le rôle ambigu de ce patrimoine dans la fabrique de la rente urbaine.

Dominique Rivière questionne cette idée de Rome vivant de la rente à partir des mobilisations locales qui ont lieu en périphérie. Elle s’intéresse en particulier à la banlieue aéroportuaire de Fiumicino, territoire emblématique de la difficulté à distribuer les bénéfices de la rente issue de l’exceptionnel patrimoine archéologique romain mais qui connaît aussi des tentatives intéressantes en ce sens.

Extrait

Si l’électronique, la pharmacie et les cosmétiques, ou encore l’aérospatial, figurent toujours parmi les branches manufacturières les mieux représentées dans le Latium – outre bien sûr le BTP – leur incidence sur l’économie de la capitale est moindre que dans les décennies précédentes, tant sur le plan de l’emploi que de l’attractivité. À cet égard ces deux dernières décennies voient donc bien un décrochage relatif de Rome – surtout en comparaison de Milan, à l’économie plus dynamique et diversifiée – qui réactualise l’image de la ville rentière, en l’occurrence celle d’une économie urbaine se nourrissant avant tout de sa propre croissance.

Dominique Rivière. Rome, ville improductive ? Métropolitiques, 2026

dominique rivièreDominique Rivière, professeure émérite au Département de Géographie de l’Université Paris Cité, est membre de l’UMR Géographie-cités. Elle a été co-responsable du master MECI parcours Aménagement et du développement local et a coordonné aussi les relations internationales de l’UFR GHES.
Ses recherches portent sur des questions européennes, régionales et métropolitaines : principalement sur l’Italie du local à l’Europe, dans une perspective comparative, et sur la construction – ou/et crise de la construction – européenne. s,
Elle s’intéresse en particulier aux rapports entre compétitivité et cohésion dans les politiques européennes, aux problématiques de la décroissance/marginalité, aux interactions entre les mutations socio-économiques du territoire italien et les questions d’organisation du pouvoir institutionnel (mailles de la décentralisation, « question régionale », dualisme Nord-Sud, etc.), aux politiques urbaines, en particulier métropolitaines et à leurs articulations avec les politiques européennes – Rome, Naples, ou plus récemment l’Ile de France.