Dans le cadre de sa résidence à la Maison Française d’Oxford, Sandrine Robert,  directrice d’études à l’EHESS et membre de Géographie-cités, donne deux conférences les 21 novembre et 4 décembre.

Concepts et outils pour l’analyse de la résilience des formes paysagères : la contribution de l’école française d’archéogéographie

21 novembre
17h30
Kellogg College
Mawby Room

Ouvert aux membres du Kellogg College et au public.

L’école française d’archéogéographie s’est développée depuis les années 1990 au contact de l’archéologie préventive. Elle associe différentes traditions d’analyse morphologique, de photo-interprétation et d’archéologie du paysage, en s’appuyant sur les disciplines de l’histoire, de l’archéologie et de la géographie. Dépassant la dichotomie entre nature et culture dans l’étude des paysages, l’archéogéographie repose sur une approche systémique et sur la reconnaissance du caractère hybride des formes paysagères.

Ce séminaire présentera les concepts et les méthodes élaborés en archéogéographie au cours des dernières années. Ces travaux ont notamment conduit à une approche plus quantitative de l’analyse morphologique. Les exemples évoqués seront principalement tirés des milieux ruraux et urbains français.

L’eau comme morphogène des formes paysagères : quelques exemples en France

4 décembre
17h15
Maison Française d’Oxford

La circulation de l’eau constitue un facteur déterminant dans l’organisation et la résilience des paysages sur le long terme. Nous aborderons cette question à travers des travaux récents menés par le consortium du projet Time Machine, l’IR HumaNum du CNRS et The Water Factory, portant notamment sur un ancien méandre de la Seine, dont la forme reste lisible dans le tissu urbain parisien, ou encore sur les paysages des estives pyrénéennes structurés par les réseaux d’irrigation.

 

 

Sandrine Robert membre de Géographie-citésArchéologue et géographe, Sandrine Robert est directrice d’études de l’EHESS, où elle a dirigé le master Territoires et Développement. Ses recherches portent sur la résilience des paysages dans la longue durée. Se basant sur l’approche archéogéographique, elle étudie les paysages comme des systèmes auto-organisés qui se transmettent dans le temps grâce à leurs multiples réappropriations par les sociétés.

Ces dernières années, elle travaille sur le cadre conceptuel de la résilience écologique en identifiant, dans le paysage, les processus lents de transmission ou, au contraire, les transitions profondes et durables. Ses travaux donnent une large place à l’étude des circulations (routes, eau, etc.) comme moteurs de la structuration et de la résilience des paysages.

Elle a publié notamment : La résilience, persistance et changement dans les formes du paysage (Londres, ISTE Editions, 2021, paru en anglais chez Wiley 2021), issu de son habilitation à diriger des recherches, soutenue en 2020. Elle est fondatrice et ex-présidente de la Commission Theory and method in Landscape archaeology – Archaeogeography dans l’International Union of the Prehistoric and Protohistoric Sciences (IUPPS) et co-responsable du groupe « Systèmes de peuplement sur le temps long » dans le Laboratoire d’Excellence Dynamiques Territoriales et Spatiales (LabEx DynamiTe).

Elle est membre du laboratoire Géographie-cités, dont l’EHESS est une des co-tutelles avec le CNRS, l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’Université Paris Cité.