Refaire la Caraïbe. Représentations et appropriations étudiantes des imaginaires macrorégionaux en contexte postcolonial (Guadeloupe, Martinique)

Camille DABESTANI (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Panthéon Sorbonne / Géographie-cités) soutiendra sa thèse de doctorat intitulée « Refaire la Caraïbe. Représentations et appropriations étudiantes des imaginaires macrorégionaux en contexte postcolonial (Guadeloupe, Martinique) » et réalisée sous la direction de Clarisse Didelon-loiseau le

27 novembre 2025
14h
Campus Condorcet
Bâtiment Nord
Salle 0.004

Jury

Clarisse DIDELON-LOISEAU, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Géographie-cités – Directrice
Béatrice von HIRSCHHAUSEN, Directrice de recherche CNRS, UMR Géographie-cités – Examinatrice
Virginie MAMADOUH, Professeure associée, Universiteit van Amsterdam – Examinatrice
Olivier MILHAUD SAMARINA, Maître de conférences HDR, Sorbonne Université, UR Médiations – Examinateur
Teriitutea QUESNOT, Professeur des universités, Université Côte d’Azur, UMR ESPACE – Rapporteur
Colette RANÉLY VERGÉ-DÉPRÉ, Professeure des universités, Université des Antilles, INSPÉ Martinique, UMR AIHP-GEODE – Examinatrice
Marie REDON, Professeure des universités, Université Toulouse Jean Jaurès, UMR LISST – Rapportrice

Résumé

Au croisement de la géographie sociale et culturelle, de la géographie politique critique et postcoloniale, cette thèse porte sur la construction et l’appropriation des imaginaires macrorégionaux, des identités et des appartenances projetées sur ces ensembles. Elle interroge les imaginaires macrorégionaux – les manières dont les régions du monde sont représentées, pratiquées, appropriées – dans les contextes martiniquais et guadeloupéen, et plus particulièrement chez de jeunes acteurs de la production de ces espaces : les étudiant·es.

Ces imaginaires macrorégionaux sont analysés comme des objets sociaux et politiques, structurés par des grands récits exogènes et des héritages coloniaux pluriels. À partir d’une enquête par cartes mentales en deux temps, composée d’un questionnaire cartographique numérique (2022) associé au projet ANR-DFG Imageun et d’entretiens réalisés auprès d’étudiant·es en Martinique et en Guadeloupe (2023), cette étude met en lumière les processus de construction et d’expression de leurs appartenances. Elle interroge les enjeux méthodologiques d’objectivisation d’entités spatiales floues, complexes et subjectives tout en les appréhendant par les expériences individuelles et collectives. Il s’agit ainsi d’analyser les imaginaires socio-spatiaux et politiques mobilisés sur la macrorégion Caraïbe et les espaces associés (Antilles, Petites et Grandes Antilles, etc.), mais aussi ceux produits sur les périphéries caribéennes (Amérique du nord, du sud, UE, Europe, France, etc.) et leurs articulations.

Ces imaginaires – perçus, produits et vécus – sont appréhendés dans toute leur pluralité, au prisme des parcours individuels des étudiant·es, mais aussi des rapports socio-raciaux et des injonctions à la mobilité. La recherche analyse les manières dont les imaginaires macrorégionaux et nationaux descendants (institutionnels, savoirs académiques et grand public, école) sont pratiqués, interprétés et appropriés par les étudiant·es dans leurs expériences quotidiennes, mais aussi comme projections au sein de laquelle la Caraïbe prend une place centrale et émancipatrice.