
Des briques en train de sécher avant la cuisson dans une briqueterie à Omdurman (Soudan). © Pérez-Houis, 2022.
La ville dans le moule. Mise en ordre et résistances des filières de brique rouge dans la production du Grand Caire (Égypte) et du Grand Khartoum (Soudan)
Corten Pérez-Houis soutiendra sa thèse de doctorat en géographie réalisée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au sein du laboratoire Géographie Cités sous la direction d’Éric Denis et d’Alice Franck, et intitulée « La ville dans le moule. Mise en ordre et résistances des filières de brique rouge dans la production du Grand Caire (Égypte) et du Grand Khartoum (Soudan) », le
Vendredi 6 décembre
14h
Centre des Colloques
Campus Condorcet
Salle 50
Place du Front Populaire
Aubervilliers
Si vous souhaitez y assister en présentiel ou en distanciel, et vous joindre au pot qui suivra, merci d’envoyer un mail à corten.perez-houis@parisgeo.cnrs.fr ou de remplir ce formulaire dès que possible : https://framaforms.org/soutenance-de-these-corten-perez-houis-6-decembre-2024-14h-1731926290.
Jury
– Barbara Casciarri, Professeure des universités, Université Paris 8 Saint-Denis – Examinatrice
– Armelle Choplin, Professeure associée, Université de Genève – Rapportrice
– Éric Denis, Directeur de recherche, UMR8504 Géographie-Cités – Directeur
– Alice Franck, Maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Co-encadrante
– Roman Stadnicki, Maître de conférences, Université de Tours – Examinateur
– Leïla Vignal, Professeure des universités, École normale supérieure de Paris – Rapportrice
– Serge Weber, Professeur des universités, Université Gustave Eiffel – Examinateur
Résumé
Khartoum et Le Caire sont depuis les années 1980 en pleine expansion, à la fois urbaine et démographique. Pourtant, les sites de production d’un des matériaux les plus massivement utilisés, la brique rouge, sont remis en cause dans les deux capitales (fermetures et abandon d’usine, délocalisation). Cette recherche de géographie urbaine propose d’étudier cet apparent paradoxe à travers l’analyse du rôle des filières de brique rouge dans la production urbaine des deux capitales. Elle fait l’hypothèse que ce matériau de construction est un lieu d’observation pertinent des transformations urbaines contemporaines (étalement, verticalisation, durcification, marchandisation de l’espace).
Cette approche matérielle et comparée de la ville repose sur plus d’une centaine d’entretiens avec des acteur·rices varié·es (ouvriers, propriétaires de briqueterie, habitant·es, architectes, chefs de chantier…), ainsi que sur des observations, une revue de la presse et l’analyse d’images satellites, il s’agit de montrer que le régime sociotechnique de la brique rouge (matériau lui-même, producteurs, infrastructures, ressources transformées, normes) est progressivement marginalisé. Cette mise au ban de la brique rouge dans la production urbaine du Caire et de Khartoum résulte des politiques publiques de modernisation et de standardisation de la ville. Tout en retraçant la construction de cette indésirabilité par les acteurs institutionnels locaux et internationaux, la thèse s’attache à expliquer comment la brique rouge se maintient dans ces espaces urbains, répondant à une demande locale forte et persistante en matériaux, y compris de la part des acteurs les plus critiques.

