L’hétérogénéité de l’usage du vélo à l’intérieur et entre les aires urbaines fonctionnelles : une approche par la modélisation

Léo Taillandier soutiendra sa thèse de doctorat, intitulée « L’hétérogénéité de l’usage du vélo à l’intérieur et entre les aires urbaines fonctionnelles : une approche par la modélisation », menée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au sein de l’UMR Géographie-cités, sous la direction d’Anne Bretagnolle, professeure de géographie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

lundi 1er juin
14h15
Bâtiment de recherche sud
Salle 0.033
Campus Condorcet
5 cours des Humanités
93300 Aubervilliers.

Jury

Philippe Apparicio, Professeur de Géographie titulaire à l’université de Sherbrooke (rapporteur)

Anne Bretagnolle, Professeure de géographie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (directrice de la thèse)

Laurent Chapelon, Professeur d’Aménagement de l’espace et Urbanisme à l’université Paul-Valéry Montpellier 3. (rapporteur)

Thierry Feuillet, Professeur de géographie à l’université de Caen Normandie (examinateur)

Patrick Rérat, Professeur de géographie des mobilités à l’Université de Lausanne (examinateur)

Résumé

En France, l’usage du vélo s’est fortement développé dans les centres des grandes aires urbaines, mais reste limité dans les banlieues et très faible dans les couronnes périurbaines. Cette thèse propose d’expliquer ces disparités spatiales en analysant les mécanismes explicatifs qui structurent l’usage du vélo à différentes échelles.

Elle repose sur une approche multi-échelles intégrée, combinant des comparaisons entre aires urbaines françaises et étrangères et une analyse fine des variations intra-urbaines. Ce cadre permet de dépasser les lectures mono-scalaires des inégalités d’usage. L’analyse s’appuie sur la construction de bases de données originales issues d’enquêtes déplacements, du recensement et de données géospatiales (notamment OpenStreetMap). Ces données alimentent des modèles multiniveaux permettant d’identifier l’articulation entre facteurs individuels (potentiel cyclable) et contextuels (cyclabilité des espaces), ainsi que l’hétérogénéité spatiale de leurs effets.

Les résultats montrent que les écarts centres/périphéries ne s’expliquent pas seulement par des contraintes de déplacement propres aux périphéries, mais aussi par la combinaison d’une forte motorisation des couronnes et des banlieues et d’une concentration des politiques cyclables dans les centres, souvent adaptées à des contextes denses. Ils mettent également en évidence une variabilité spatiale des déterminants de l’usage du vélo, soulignant le caractère contextuel des mécanismes à l’œuvre. Cette thèse propose ainsi une lecture systémique et multi-échelles des inégalités d’usage du vélo, mettant en avant le rôle structurant des politiques publiques et plus globalement des contextes territoriaux.