Peter Haggett (1933 – 2025) est un géographe britannique, figure de la « révolution quantitative » en géographie et premier prix Vautrin-Lud.


Survenue en février 2025, quelques semaines après celle de Brian Berry, autre géographe influent dans l’institutionnalisation de la géographie quantitative, la mort de Peter Haggett est l’occasion pour Nicolas Szende, doctorant en géographie (Géographie-cités / ULR 4477 TVES) de rappeler quelques traits saillants de la New Geography et de la « révolution quantitative » dont elle s’est fait l’écho à partir des années 1960. Cette révolution résulte du travail d’une « génération 1930 » de géographes britanniques dont l’influence sur le paysage mondial de la géographie universitaire se ressent encore aujourd’hui.

Donnant le ton à ce qui sera sa méthode de travail pour la majeure partie de sa carrière, Locational Analysis in Human Geography est avant tout une synthèse. L’intention de Haggett est de reformuler un siècle de théories de l’organisation régionale comme autant de modèles d’investigation – terme clé dans son œuvre.
Mobilisant, dans une démarche méta-analytique, la Théorie générale des systèmes pour donner cohérence à des recherches à l’époque classées en économie ou dans les Regional Studies naissantes, Peter Haggett écrit pour la géographie dans sa totalité.

Étapes dans l’analyse des systèmes régionaux : A. Mouvements, B. Réseaux, C. Nœuds, D. Hiérarchies, E. Surfaces » (Haggett, 1965, p. 18)

Étapes dans l’analyse des systèmes régionaux : A. Mouvements, B. Réseaux, C. Nœuds, D. Hiérarchies, E. Surfaces » (Haggett, 1965, p. 18)

Nicolas Szende, « Vie de géographe. Peter Haggett », Géoconfluences, septembre 2025.

Nicolas SZENDE prépare une thèse sur « L’analyse spatiale dans le champ universitaire britannique : de la « New Geography » à l’entrepreneuriat de la donnée ? » sous la direction d’Olivier ORAIN (Géographie-cités) et Maryvonne PREVOT (Université de Lille). Il est ATER en géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent sur l’histoire et la sociologie de la géographie, la production et la circulation des savoirs, les Interfaces science-industrie et la géographie de la science.

Lire aussi

Nicolas Szende, « L’axe Bristol-Cambridge », ou la carrière d’un schème historiographique dans la production de la New Geography britannique», Terra Brasilis [Online], 21 | 2024.