Le jury du prix de thèse du Comité National Français de Géographie a décerné à Jean MAKHLOUTA le 1er accessit pour sa thèse : « Se faire une place en ville. Mobilités et stratégies spatiales des minorités sexuelles et de genre à Beyrouth ».

Sa thèse a été réalisée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au sein de l’UMR Géographie-cités sous la direction de Nadine Cattan et Stéphanie Dadour. Jean Makhlouta a soutenu sa thèse en novembre 2025. Il est aujourd’hui post-doctorant à l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas).

Le Prix de thèse du CNFG a été attribué à Margot FRANÇOIS (Université Paris 8) pour sa thèse : « Révolution numérique. Géopolitique de l’internet à Cuba : contraintes, pouvoir et adaptations locales« , sous la direction d’Amaël CATTARUZZA.

Résumé de la thèse

La thèse  de Jean Makhlouta interroge les pratiques spatiales à travers lesquelles les minorités sexuelles et de genre parviennent, bien qu’évoluant dans un contexte légal et social contraignant, à se faire une place dans la ville de Beyrouth. L’objectif est de saisir les territorialités quotidiennes de ces populations dans leurs déploiements multiscalaires, allant de l’échelle de la ville, à celle des quartiers, des lieux et des corps, afin de décrypter l’ensemble des mécanismes qui sous-tendent un « droit à la ville » sous conditions.

La méthodologie s’appuie sur une démarche qualitative conduite lors d’une enquête de terrain réalisée à Beyrouth pendant onze mois entre 2021 et 2023. Des entretiens semi-directifs menés auprès de 95 participant·es constituent le socle de cette étude, permettant de recueillir finement leurs pratiques à travers les différents espaces de la ville. Ces données sont complétées par des participations observantes et des cartes mentales pour une compréhension approfondie des pratiques et des rapports émotionnels aux lieux.

En mettant en évidence les mobilités et les stratégies spatiales des minorités sexuelles et de genre au sein d’une métropole moyen-orientale, cette thèse contribue à renouveler la compréhension des modalités d’accès à un espace public normé confronté à des processus d’inclusion et d’exclusion. Elle nuance ainsi certains acquis de la littérature en montrant que l’agentivité de ces populations se déploie au pluriel, dans une réinvention constante des pratiques d’appropriations et d’adaptation spatiales pour résister aux normes auxquelles elles font face.

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