Habiter, travailler, gouverner et innover dans les villes petites et moyennes
L’ouvrage, coordonnée par Elsa Martin et Jean-Marc Stébé, rassemble des contributions de sociologues, géographes et architectes qui s’intéressent aux dynamiques urbaines dans des villes petites et moyennes situées dans un « entre deux » entre urbanité et ruralité. Loin des métropoles, ces lieux peuvent être perçus comme en déclin ; ils sont néanmoins le support de pratiques sociales, culturelles et économiques variées.
L’ouvrage permet de définir les petites et moyennes villes, leur histoire et les enjeux actuels qui traversent ces territoires entre attractivité résidentielle, économie locale, gouvernance, développement durable et transition en France ou ailleurs.
Cette publication fait suite à la quatrième édition du Festival International de Sociologie (FISO), organisée à Épinal en 2022, et consacrée à l’avenir des villes petites et moyennes.
Achille Warnant, chercheur associé à l’UMR Géographie-cités, y contribue avec un chapitre consacré à l’émergence de la catégorie de « ville moyenne » dans la recherche urbaine française. L’occasion de revenir sur les filiations intellectuelles de cette notion, depuis les enquêtes sociologiques pionnières des Lynd sur Middletown, dans les États-Unis des années 1920, jusqu’aux travaux de Charles Bettelheim et Suzanne Frère sur Auxerre, dans les années 1950, en passant par les débats qui ont progressivement structuré ce champ, à l’orée des années 1970, au moment où les géographes – en même temps que les pouvoirs publics – s’emparent de cet objet.
Alors que l’on observe, ces dix-quinze dernières années, un regain d’intérêt pour les villes moyennes dans la recherche, l’héritage de ses travaux semble très indirect. Il n’en demeure pas moins qu’ils offrent, encore aujourd’hui, un matériau utile. Certaines questions qu’ils soulèvent restent d’actualité et, si la pratique de la monographie a depuis considérablement évolué, elle reste l’une des entrées privilégiées pour comprendre ce qui se cache derrière cet objet « réel mais non identifié », pour reprendre la formule de Roger Brunet.
Enseignant-chercheur contractuel au sein de l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine (IUGA), son activité de recherche porte sur les villes moyennes et, plus largement, sur les enjeux contemporains de l’aménagement du territoire, en particulier dans les espaces ruraux et dans le contexte des transitions.
Géographe et politiste de formation, il a consacré ma thèse, menée sous la direction de Marie-Vic Ozouf-Marignier, au « problème des villes moyennes », à travers l’étude de l’évolution de l’action publique locale à Montluçon, Nevers et Vierzon des années 1970 à nos jours.
Achille Warnant continue d’apporter son appui aux travaux du Conseil scientifique de France Ruralités, dans le prolongement de ses précédentes missions au sein de l’Europe des Projets Architecturaux et Urbains (GIP Epau). Dans le même esprit, il co-dirige depuis 2021 l’Observatoire de l’expérimentation et de l’innovation locales de la Fondation Jean-Jaurès, consacré aux formes d’innovation territoriale et aux modes d’action publique en transition.

