Un périodique qui dure, c’est un périodique qui approfondit, qui substitue l’expérience à l’expérimentation, qui se dote d’une mémoire aussi, déjà par le seul fait de ses archives publiques, sa collection. Alors, certes, en des temps de plateformisation où les lecteurs viennent chercher une référence particulière, une telle vision patrimoniale est sans doute très érodée. Elle n’en demeure pas moins un espoir et un horizon d’attente pour celles et ceux qui fabriquent des revues.
O. Orain, introduction
Ce dossier, dirigée par Marie-Claire Robic et Olivier Orain, est consacré à la revue l’Espace géographique. Cette revue, hébergée par l’UMR Géographie-cités a, en 2022, atteint un demi-siècle d’existence. Plusieurs chercheurs de Géographie-cités ont contribué à ce numéro (par ordre d’apparition) : Kimberley du Buat, Marion Maisonobe, Laurent Beauguitte.
Quatre textes « de longueur et d’intentions variables » tentent de « construire, en l’occurrence historiciser, les circonstances de création et la trajectoire de la revue » rappelle en introduction Olivier Orain : « un article de proportions inhabituelles (43 pages), dû à Fabrice Ripoll, mais dont nous avons pu éprouver la grande lisibilité et le caractère éclairant : par son travail de documentation, ses matériaux inédits et son accès aux archives du principal créateur de la revue, il apporte une contribution majeure sur le contexte d’émergence de la revue. Il a nourri jusqu’à la présente introduction. L’article de Kimberley du Buat interroge et objective pour sa part la sous-représentation chronique des femmes dans les instances et l’auctoriat de la revue jusqu’au début des années 2000, en la mettant en regard de ce qui se passait dans d’autres revues de géographie et de l’évolution générale du sex ratio dans la discipline. Celui de Marion Maisonobe, emblématique de ses recherches en géographie de la science, prend au mot la revendication d’ouverture du premier éditorial de la revue et explore les différents viviers (d’auteurs, de collaborateurs) qui l’ont nourrie, dans une démarche où la visualisation géographique joue un rôle essentiel. Celui, enfin, de Laurent Beauguitte, procède à une comparaison des ours de trois revues, Annales de géographie, Hérodote et Espace géographique, en mettant beaucoup l’accent sur leur évolution dans le temps et leurs propriétés morphologiques. »
Sommaire
Introduction – Cinquante ans d’Espace géographique. Genèse et évolutions d’une revue des Trente Glorieuses
Par Olivier Orain
Fonder une revue, briser un monopole. Éléments pour une sociohistoire de L’Espace géographique
Par Fabrice Ripoll
Féminisation et rapports de genre dans la fabrique de la science, l’exemple de la revue L’Espace géographique (1972-2022)
Par Kimberley du Buat
La géographie de L’Espace géographique
Par Marion Maisonobe
Trois revues de géographie et cinquante ans d’ours. Notes pour une analyse dynamique du travail éditorial en sciences sociales
Par Laurent Beauguitte
Discussion autour de L’Humain-l’inhumain. L’impensé des nouveaux matérialismes
Par Jean Foyer
Pages de fin (table des auteurs, index des matières, index des lieux)
L’espace géographique 2022/4, Tome 51. Belin, 96 pages, mars 2025.
Un périodique qui dure, c’est un périodique qui approfondit, qui substitue l’expérience à l’expérimentation, qui se dote d’une mémoire aussi, déjà par le seul fait de ses archives publiques, sa collection. Alors, certes, en des temps de plateformisation où les lecteurs viennent chercher une référence particulière, une telle vision patrimoniale est sans doute très érodée. Elle n’en demeure pas moins un espoir et un horizon d’attente pour celles et ceux qui fabriquent des revues.
