Le colloque international “Inventer / Inverser le Grand Paris. Vers une nouvelle histoire des métropoles ?” aura lieu à l’Énsa de Paris-Belleville (Amphi Bernard Huet, 60 boulevard de la Villette, 75019 Paris) et à distance les jeudi 14 et vendredi 15 mars 2024.
Beatriz Fernández, maîtresse de conférences à l’EHESS et membre du laboratoire Géographie-Cités (UMR 8504) fait partie du comité de pilotage d’Inventer le Grand Paris.
Lucie K. Morisset (Université du Québec à Montréal, Canada), professeure invitée de l’EHESS accueillie au laboratoire Géographie-cités, fera le vendredi 15 mars après-midi une conférence sur le thème : « La maison, rempart de la société canadienne-française. La résistance culturelle aux politiques fédérales sur l’habitation ».
Pour suivre le colloque en ligne :
Zoom : https://zoom.us/j/97781460957?pwd=WUpjbU5BdTA2SHJFbXpxczFsOGc0dz09
ID de réunion: 977 8146 0957
Code secret: 635722
Présentation du colloque
Le moment politique initié par la Consultation internationale du Grand Paris de 2008 a constitué une opportunité exceptionnelle de relance des travaux sur l’histoire de la métropole francilienne. Historien.nes et chercheurs.ses et ne pouvaient qu’interroger les discours de rupture diffusés par les décideurs, les aménageurs et les médias. C’est dans cet esprit qu’en 2012 s’est formé le collectif de recherche pluridisciplinaire « Inventer le Grand Paris » qui, à travers quatre colloques internationaux (2013, 2014, 2015, 2016), prolongé par un programme de recherche de 8 années au sein du Labex Futurs urbains, s’est attaché à réinscrire cet épisode dans une longue généalogie des plans, projets, opérations, qui ont défini les devenirs métropolitains.
Le mot « inventer », pris dans sa double étymologie d’inventaire et d’invention, a ainsi permis plusieurs renouvellements. Le premier a consisté à dépasser une historiographie plus ancienne qui avait fait de la succession des grands plans d’aménagement la trame principale d’un récit de la métropole (Michel Carmona, 1979). Le second a été de réinscrire résolument le cas parisien dans une approche comparative internationale en soulignant les circulations de savoirs et d’experts, et en interrogeant de possibles « moments » autour desquels se nouent des problématiques communes au sein d’une histoire croisée des métropoles. Le troisième enfin, a consisté à enrichir l’histoire du fait métropolitain par d’autres questionnements, comme celui des scènes politiques, des paysages et représentations, ou encore de la longue durée.
Dès lors, pourquoi adjoindre ici le terme « inverser » ? Au-delà des jeux de consonance, il s’agit de partir autant des inflexions d’un programme de recherche que du renouvellement de l’historiographie et des thèmes soulevés par l’actualité. D’une part, les travaux du collectif ont conduit à déplacer l’attention vers des approches plurielles du Grand Paris. À l’objet d’étude unique, ou placé dans une perspective comparatiste, succède une multiplicité de terrains, réunis ici par les questions de recherche qui leur sont posées. D’autre part, la montée en puissance, dans les discours politiques et médiatiques, mais aussi dans les disciplines universitaires, des préoccupations environnementales, de la conscience patrimoniale, de l’intérêt pour les usagers ou acteurs au rôle jusqu’ici minoré, ou pour l’histoire située, constituent autant d’invitations à décentrer le regard pour saisir le fait métropolitain. Le mot « inverser » explore donc ici les potentialités de renouvellement des recherches dans le double sens de « retournement de perspective » et de « changement d’ordre et de valeur », en privilégiant trois questionnements que ce colloque a vocation à approfondir :
– Une lecture plurielle du fait métropolitain. Du Grand Paris aux Grands Paris
– Les temporalités métropolitaines. De la scansion en plans aux temporalités croisées
– Du comparatisme international à un récit du fait métropolitain
Comité de pilotage IGP
Inventer le Grand Paris est un collectif de chercheurs issus de plusieurs disciplines et qui recourent à l’histoire pour comprendre les modalités et les enjeux de la construction métropolitaine. Il réunit des spécialistes de l’histoire de l’aménagement et de l’urbanisme, de l’architecture mais aussi de l’histoire urbaine, de la gouvernance des territoires ou du métabolisme urbain. Ce collectif vise à rapprocher et croiser des points de vue et des corpus de sources différentes (plans, cartes, archives). Plus encore, il tente, via leur croisement, d’approcher l’idéal d’une interdisciplinarité historique du Grand Paris.
Soucieux de situer l’histoire du Grand Paris dans une perspective internationale et comparative, Inventer le Grand Paris dispose aussi d’un conseil scientifique qui l’aide lors de la préparation des colloques, la publication des actes par le biais notamment des processus d’évaluation, et enfin dans l’organisation des séminaires et journées d’études.
Regroupant onze chercheurs appartenant à six laboratoires franciliens, le collectif Inventer le Grand Paris s’est constitué en 2018 en Groupe Transversal du Labex Futurs Urbains (Université Paris Est) et bénéficie à ce titre de l’aide de l’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du Programme d’Investissement d’Avenir.
En 2023, Inventer le Grand Paris regroupe 17 chercheuses et chercheurs, rattachés à 10 laboratoires de recherche.
Organisation : Groupe transversal “Inventer le Grand Paris” (Labex Futurs Urbains)
Coordination scientifique : Laurence Bassieres (ENSA Paris La Villette, AHTTEP UMR AUSser), Cédric Feriel (Rennes 2, Tempora), Frédéric Pousin (ÉNSA de Paris-Belleville, IPRAUS UMR AUSser), Nathalie Roseau (ENPC, LATTS UMR 8134)
Comité d’organisation : Emmanuel Bellanger (CNRS / CHS UMR 8058), Raphaële Bertho (Université de Tours / InTRu), Florence Bourillon (UPEC / CRHEC), Laurent Coudroy de Lille (EUP / Lab’Urba), Beatriz Fernandez Agueda (EHESS / Géographie-cités), Corinne Jaquand (ÉNSA de Paris-Belleville / IPRAUS UMR AUSser), Sonia Keravel (ENSP / LAREP), André Lortie (ÉNSA de Paris-Belleville / IPRAUS UMR AUSser), Yoko Mizuma (Labex Futurs Urbains / LATTS et CRCAO), Clément Orillard (EUP-UPEC / Lab’Urba), Alessandro Panzeri (ENSAL /EVS/LAURE et IPRAUS/AUSser), Loïc Vadelorge (UGE / ACP)

