Cet ouvrage sous la direction de Florent Le Néchet (Université Gustave Eiffel) invite à repenser collectivement et de manière pluridisciplinaire les outils de modélisation des interactions spatiales et des dynamiques territoriales, à différentes échelles de temps et d’espace.

Les mutations récentes de la mobilité, conjuguées aux impératifs de la transition écologique, bouleversent les systèmes territoriaux et interrogent la manière dont la recherche scientifique les modélise. La coévolution « transport, mobilité, territoire » explore ces questionnements à la fois méthodologiques et épistémologiques au sein d’une communauté de chercheurs et chercheuses, principalement géographes. L’ouvrage met en lumière le rôle des configurations spatiales dans l’évolution des réseaux, ainsi que l’influence réciproque de ces réseaux sur les dynamiques territoriales. Il aborde également la spécification, l’ontologie, la calibration et la validation des modèles, la question des données mobilisées ou à produire, ainsi que les hypothèses et usages qui sous-tendent ces approches.

Plusieurs membres de Géographie-cités ont contribué à cet ouvrage :

  • Claude GRASLAND  (chapitre 1. Les modèles d’interaction spatiale : formes, estimation, simulation)
  • Denise PUMAIN  (chapitre 2. Modèles de dynamiques de réseaux de villes : enjeux et perspectives)
  • Anne BRETAGNOLLE et Marianne GUÉROIS (chapitre 4. Dynamiques des territoires urbains et modèles de réseaux de mobilité quotidienne)
  • Sandrine ROBERT et Lena SANDERS (ex membre) (chapitre 9. Coévolution des villes et des réseaux routiers : une démarche ontologique et systémique)
  • Hadrien COMMENGES (chapitre 11. Usage des modèles pour l’aménagement).

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Introduction
Florent LE NÉCHET (LVMT, Université Gustave Eiffel, Champs-sur-Marne)

Il s’agit de montrer comment la géographie s’approprie le rôle des réseaux (de transport, de villes, notamment) dans une perspective descriptive, explicative, voire d’aide à la décision concernant les formes spatiales des flux d’une part (hiérarchisation, concentration) et les trajectoires territoriales d’autre part (taille, spécialisation, autonomie). Comment également la présence de flux reconfigure à la fois les réseaux de transport (orientant le choix d’infrastructures à construire ou à supprimer) et les dynamiques territoriales futures. Ce champ d’études est un terrain d’exploration très riche pour les sciences de la complexité (Batty et Milton 2021). Les interactions spatiales sont ici appréhendées à différentes échelles de temps et d’espace, en s’inscrivant largement dans le cadre de la théorie évolutive des villes proposée par Pumain (1997) : des territoires en interaction, qui échangent des biens, des informations, des flux quotidiens de navetteurs, des migrations résidentielles, notamment.

Néchet, Florent. (2026). La coévolution transport, mobilité, territoire. 10.51926/ISTE.482348.