Dans ce livre publié aux Éditions Parenthèses, Jean-Marc Besse, directeur de recherche émérite CNRS, membre de l’UMR Géographie-cités, montre comment, pour les philosophes et les historiens, l’espace est devenu une catégorie centrale de l’analyse culturelle.
Depuis le xviie siècle, pour les philosophes et les historiens, la cartographie a servi de modèle permettant de penser l’organisation des savoirs. Aujourd’hui ce geste se prolonge dans les sciences sociales, où l’espace est devenu une catégorie centrale de l’analyse culturelle.
Ce déplacement traverse également les pratiques artistiques contemporaines, qui font de la carte un terrain d’expérimentation critique. De même, la géographie irrigue la philosophie, qui voit dans la carte une forme de pensée et un outil d’investigation intellectuelle.
En replaçant la géographie au cœur des processus de connaissance et de création, L’Œil de l’histoire propose une réflexion décisive : la carte n’est pas une simple image du monde, mais un espace de projection et d’élaboration de la pensée et de la connaissance. Loin de se réduire à un simple auxiliaire de l’histoire, elle constitue un dispositif à part entière dans les opérations du savoir historique, aussi bien dans les domaines des sciences que dans celui des arts et de l’architecture.
Extrait
Ce que ce livre voudrait faire apparaître et défendre à nouveaux frais, au total, c’est l’idée, certes banale pour les géographes, mais qu’il faut considérer avec sérieux, que les savoirs scientifiques, les pratiques artistiques, les constructions de pensée sont des activités localisées, qui se développent selon des mobilités, des spatialités et des architectures particulières, et qu’il est possible de les analyser dans cette perspective. Mais, au-delà, c’est aussi l’affirmation, neuve, que la géographie et la cartographie offrent des grilles d’analyse et des approches méthodiques fructueuses pour la compréhension des œuvres de la culture et de leur histoire.
Introduction, p. 13
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