Paru dans l’Encyclopédie Sciences de ISTE-Wiley, « Le Monde et ses possibles », coordonné par Clarisse Didelon Loiseau et Anne-Cécile Ott, membres de l’UMR Géographie-cités, rassemble une dizaine de contributions de chercheur·e·s dont plusieurs membres de l’UMR : Jean-Marc Besse, Nolwenn Azilis Rigollet, Hugo Cupri, Thomas Rosenthal.

Le Monde, objet géographique produit par la mondialisation, n’a suscité que peu d’intérêt en géographie française, au-delà des travaux des précurseurs qui en ont analysé l’émergence.

Cet ouvrage propose de prendre à bras-le-corps la construction du Monde comme un véritable objet géographique. Il réunit des contributions portant sur les manières dont les géographes l’ont conceptualisé et mobilisé, dans différents contextes géographiques et historiques. Il offre des analyses sur la place du Monde dans les représentations individuelles vernaculaires (celles des personnes ordinaires), ainsi que dans les pratiques et les imaginaires d’une pluralité d’acteurs scientifiques ou politiques.

Le Monde et ses possibles identifie les grands enjeux théoriques et méthodologiques soulevés par l’analyse du Monde comme espace auxquels les géographes se trouvent confrontés. Ces enjeux constituent autant de questions de recherche à consolider ou à explorer dans les prochaines années.

Extrait

Le Monde constitue, de prime abord, un simple « découpage géographique » – par cette expression, on désigne une opération intellectuelle discriminante visant à circonscrire et dénommer, à l’appui d’une échelle ad hoc, une entité géographique dont les caractéristiques sont jugées suffisamment cohérentes, solidaires et/ou homogènes pour qu’elle soit distinguée d’une autre. À ceci près que, d’entre tous les ordres et niveaux d’analyse géographique, le Monde fait figure d’exception. En effet, si l’échelle mondiale constitue une aune intéressante pour scruter les phénomènes d’envergure planétaire, elle reste, en dernier ressort, le plus haut niveau scalaire d’analyse, celui au-delà duquel la géographie, discipline centrée sur les spatialités humaines, perd toute raison d’être. C’est pourquoi, bien conscients de la finitude de la Terre, les géographes se sont continûment employés à « deviser » le Monde, à le « décrire » (Cosgrove 2003), à le « raconter » et à le « couvrir » dans toute son étendue.

Anne-Cécile Ott, Clarisse Didelon-Loiseau, Hugo Cupri : Le Monde comme objet géographique [introduction]

Table des matières

Introduction. Le Monde comme objet géographique, par Anne-Cécile OTT, Clarisse DIDELON-LOISEAU et Hugo CUPRI

1. Les Mondes de la géographie française, par Clarisse DIDELON-LOISEAU et Nolwenn Azilis RIGOLLET

2. La planétarisation, tournant planétaire d’un Monde mondialisé et globalisé, par Magali REGHEZZA-ZITT

3. Se représenter le monde : représentations vernaculaires de l’espace mondial, par Anne-Cécile OTT et Clarisse DIDELON-LOISEAU

4. Aux origines de l’atlas moderne : comment découper le monde et le mettre en ordre ? par Jean-Marc BESSE

5. Dire, s’approprier et découper le monde (du) politique (vers 1890-1945) par Hugo CUPRI

6. Développement et limites Nord/Sud : un découpage entre ruptures et permanences, par Géraud MAGRIN

7. 500 ans de circumnavigations et l’imaginaire du Monde, par Clarisse DIDELON-LOISEAU

8. L’espace numérique et l’émergence d’un Monde pluriel, .par Amaël CATTARUZZA

9. À la recherche du meilleur des mondes :idées géoéthiques et géopolitique mondiale, par Arnaud BRENNETOT

10. Une échelle mondiale des processus et de l’action politiques, par Thomas ROSENTHAL

Index

Le Monde et ses possibles : Itinéraires d’un objet géographique. Coordonné par Clarisse Didelon-Loiseau, Anne-Cécile Ott. Encyclopédie SCIENCES : Géographie et démographie, Iste Éditions, 2026, 268 p.