Les odonymes féminins à Paris : vers un paysage mémoriel plus inclusif

Les odonymes féminins à Paris : vers un paysage mémoriel plus inclusif

21 août 2023|EHGO, Publications|

«  Enfin un projet de délibération nous proposant de donner un nom de femme à une place de Paris ! […] Femme fascinante, belle, à la silhouette et aux jambes parfaites, Marlène Dietrich a ensorcelé la planète avec sa voix de velours et son regard de braise si particulier […]. Oui vraiment, mes chers collègues, les plus belles jambes du monde méritaient bien une place à Paris !  ».

En 2002, un élu incite à attribuer le nom de Marlène Dietrich à une place parisienne, s’inscrivant ainsi dans la politique de féminisation des rues amorcée un an auparavant. Vingt ans plus tard, les discours mettent désormais en avant les « œuvres et l’engagement pour l’égalité et l’émancipation des femmes » d’André Léo ou la nécessité « de marquer l’espace public de cette problématique [les violences faites aux femmes], de sortir ce fléau de l’intimité pour lui donner sa pleine visibilité ».

Quelle forme la production des odonymes féminins prend-elle aujourd’hui à Paris, quelle ville dessine-t-elle ? Cette communication présentée au 3e Congrès international sur les études de genre ( 4 au 7 juillet), Alexandra Mallah Cuquerella, doctorante au laboratoire Géographie-cités, analyse les enjeux politiques et géographiques de l’émergence des odonymes féminins à Paris, et leur rôle dans la mutation de la fabrique mémorielle de la ville.

Inscrite dans le champ de la géographie, cette intervention se compose de deux parties. La première analysera l’émergence des odonymes féminins dans le temps pour comprendre en quoi la progressive considération de la mémoire du genre reconfigure la fabrique mémorielle urbaine. La projection théorique des données dans le temps invitera à imaginer le futur visage toponymique que pourrait un jour avoir Paris. La seconde étape est consacrée à une cartographie des noms de rues de femmes à l’échelle de Paris. L’approche spatiale révèle les logiques de production géographiques fortement orientées par les projets d’aménagement urbains. Enfin, la polarisation des odonymes féminins dans certains quartiers invite à réfléchir sur les dynamiques socio-spatiales en place.

Alexandra Mallah. Les odonymes féminins à Paris : vers un paysage mémoriel plus inclusif. 3e Congrès International Genre « No(s) Futur(s). Genre : bouleversements, utopies, impatiences », Institut du genre, Jul 2023, Toulouse, France. ⟨hal-04131294

Alexandra MALLAHAlexandra Mallah Cuquerella, doctorante à l’EHESS et à Géographie-cités fait actuellement une thèse sur le thème : « Ce que le matrimoine fait au patrimoine : la reconnaissance de nouveaux usages », sous la direction de Nicolas Verdier.

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Communications de membres de l’UMR Géographie-cités dans ce congrès

Camille Dabestani, Fernandez Mégane. Etudier et quantifier les biais de genre dans la représentation des femmes scientifiques sur Wikipédia. 3e Congrès international de l’Institut du Genre « No(s) Futur(s). Genre : bouleversements, utopies, impatiences », Institut du Genre; Université Toulouse Jean Jaurès, Jul 2023, Toulouse, France. ⟨hal-04165022

No(s) Futur(s). Genre : bouleversements, utopies, impatiences.

Congrès international sur les études de genre

Cette troisième édition du Congrès Internationale sur les études de genre est co-organisée par l’Institut du Genre et par la SCR ARPEGE pour l’Université Toulouse Jean Jaurès. Ce moment fort est l’occasion de réunir les chercheuses et chercheurs du monde entier pour proposer un moment de réflexion sur la place et la forme du ou des futurs et de leur dimension genrée dans nos sociétés, présentes et passées, occidentales et extra-occidentales.

Télécharger le programme du congrès No(s) Futur(s). Genre : bouleversements, utopies, impatiences.

Fondé en 2012 à l’initiative de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS, l’Institut du Genre est un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) qui réunit une trentaine de partenaires institutionnels engagés dans la recherche sur le genre et les sexualités. Dédié à la coordination, à l’accueil scientifique et à la promotion de ces travaux en France et à l’international, l’Institut du Genre est hébergé par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord au Campus Condorcet, à Aubervilliers.

ARPEGE (Approches pluridisciplinaires du genre) est une structure collaborative de recherche depuis 2021. A visée interdisciplinaire, elle associe 25 laboratoires ou équipes de recherche et près de 150 membres de différents établissements universitaires du site toulousain.

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